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Infirmières: une journée de mobilisation contre les heures supplémentaires obligatoires avec balises

hôpital Pierre-Boucher
Photo d’archives

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Les infirmières démontreront leur ras-le-bol face aux heures supplémentaires obligatoires, lundi, à l’occasion de la journée nationale de mobilisation, tel qu’annoncé, mais devront tenir compte d’une ordonnance du Tribunal administratif du travail limitant leur action.

Vendredi, une juge du Tribunal administratif du travail (TAT) a rendu une décision obligeant les infirmières à accepter, durant leur journée nationale sans heures supplémentaires obligatoires, toute demande d’heures supplémentaires obligatoires «lors de situations urgentes et exceptionnelles». 

Le jugement n’a pas choqué la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), au contraire. La FIQ s’est dite «extrêmement satisfaite», ajoutant qu’«enfin, un juge parle du caractère urgent et exceptionnel!» 

La présidente de la FIQ a assuré vendredi que, si jamais des situations exceptionnelles se présentaient lundi, le syndicat userait de son jugement. 

Il reste que, selon le syndicat, les heures supplémentaires obligatoires sont presque devenues la norme et plusieurs de ses membres n’en peuvent plus. 

aCassandra Picard, par exemple, se fait souvent dire qu’elle doit prolonger ses quarts de travail. 

«À la dernière minute, avant la fin de mon quart, j’apprends que je dois rester jusqu’au lendemain matin, déplore-t-elle. Je suis obligée de changer mes activités, mon cycle de sommeil. C’est nous qui devenons les patients. Il y a tellement de départs en maladie. Mes collègues, je les vois pleurer et moi aussi je pleure.» 

Le syndicat réclame plus de budget et une réorganisation du travail. 

La partie patronale, de son côté, dit faire face à un taux d’absentéisme élevé et à une pénurie de main-d’œuvre. 

«Il y a 1000 infirmières au chômage. Ce n’est pas vrai qu’il y a une pénurie. Elles ne veulent pas revenir dans le réseau parce qu’on les a écœurées», mentionne Paul Brunet, du Conseil de la protection des malades. 

Une autre infirmière, Louise Bouchard, a quitté le réseau public. 

«Un moment donné, je n’étais plus capable. On peut le faire un certain temps, mais, quand c’est régulier, ça devient intolérable!», mentionne la femme qui travaille maintenant dans le privé. 

Le syndicat veut mettre de la pression sur la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, qui a promis durant la dernière campagne électorale d’abolir les heures supplémentaires obligatoires. Mme McCann soutient que c’est un engagement, mais elle rappelle que les infirmières ont aussi une obligation éthique de voir à la sécurité des patients.