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Le grand Will n'est plus

Le grand Will n'est plus

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Mon ami le grand Will est décédé un triste lundi, 25e jour de mars 2019, des séquelles d’une grave pneumonie contractée il y a cinq ans dont il ne s’est jamais complètement remis.

Après trois ACV qui l’ont amené aux portes de la mort, un cœur qui ne travaillait plus qu’à 25% et l’obligation d’être branché nuits et jours à une bonbonne d’oxygène, mon flamboyant ami a rendu les armes et s’est incliné de guerre lasse devant l’impitoyable faucheuse.

J’ai rencontré Michel (Willie) Lamothe, fils de feu le célèbre auteur-compositeur-interprète country western, Guillaume (Willie) Lamothe, et père de Willie (Ti-Will) Lamothe-Bénard, pour la première fois au printemps 1971 à l’Hôtel Saint-Jean de Saint-Jean-d’Iberville.

C’est Lucien (Pop’s Lulu) Ménard, alors réalisateur à l’Office national du film du Canada et régisseur de plateau au tournage de mon long-métrage Bulldozer, qui m’avait convaincu de l’accompagner alors qu’il s’était mis en tête de me présenter les quatre musiciens d’un band dont il était alors le gérant et qui avaient joué dans son film Je chante à cheval: l’Offenbach Pop Opera. 

Voici un lien YouTube vers une vidéo d’époque. Michel Lamothe est le grand à gauche de l’écran quand on y fait face.

En février 1972, ayant rejoint les rangs de l’Offenbach Pop Opera devenu Offenbach Soap Opéra depuis mai 1971, j’obtins de feu vert de Bernard Lalonde alors producteur à l’ACPAV (Association coopérative audiovisuelle), d’enregistrer, avant montage, deux des chansons à paraître au contenu de la trame sonore de mon film Bulldozer dont j’avais terminé le tournage en mars 1971, et ce, dans le but d’éviter une prochaine séparation de ce merveilleux groupe qui n’arrivait plus à vivre de son art. 

Nous enregistrâmes donc Câline de doux blues, récemment écrite et composée à Saint-Sauveur en décembre 1971, et Faut que j’me pousse fraîchement écrite et composée au Studio Six à Montréal.

Les cachets remis à mes nouveaux amis leur permirent donc de survivre quelques jours de plus jusqu’à ce qu’à l’enregistrement de notre premier album en mai 1972, pour ensuite déménager nos pénates à l’Hôtel Central de Saint-Placide sur les bords du Lac des Deux-Montagnes où nous fûmes l’orchestre maison tout l’été.

Au sein de ce groupe actif depuis plusieurs années sous d’autres noms : Gants Blancs, Grandpa, Bucket of blues, etc., l’arrivée d’un outsider aux idées nouvelles ne plaisait pas aux frères Boulet, Gérald (Gerry) et Denis (Le Vieux). Jean (Johnny) Gravel, en véritable artiste qu’il est et sera toujours, ne se mêlait pas aux controverses entourant mes efforts d’amener ce band, ne possédant qu’une seule chanson originale en anglais, Groovin, et n’ayant à son répertoire que des pièces de cover, à écrire et composer en français québécois. 

Sans l’appui solide de Michel (Willi) Lamothe, esprit ouvert et audacieux aux idées modernes et révolutionnaires, capable de surréalisme comme de simplicité, je n’y serais jamais parvenu et l’Offenbach Soap Opéra ne serait jamais devenue Offenbach.

Le grand Will était un artiste innovant, créatif, génial, d’une imagination inépuisable avec le sens aigu du hook capable de faire un succès d’une toune plate.

Merci infiniment mon ami! Tu vivras toujours dans nos cœurs.