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Seulement 15 % des travailleurs québécois sont satisfaits de leur salaire

Seulement 15 % des travailleurs québécois sont satisfaits de leur salaire
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Catherine Courchesne - 37e AVENUE

 

Répondez franchement : êtes-vous satisfait de votre salaire ? Non ? Consolez-vous, car vous n’êtes pas seul ! Selon une enquête menée pour le compte d’Indeed Canada, un agrégateur d’offres d’emploi, 85 % des travailleurs québécois et 87 % des travailleurs canadiens sont insatisfaits de leur rémunération actuelle.

Plus d’insatisfaction

Le sondage, réalisé auprès de 250 employés québécois et 1 000 employés canadiens entre le 8 et le 16 janvier 2019, ne laisse d’ailleurs entrevoir aucune amélioration de la situation : alors qu’on prévoit une augmentation de salaire de 2,8 % pour les employés canadiens en 2019, les répondants souhaitent, en moyenne, une augmentation de 6 %...

Plus d’argent

Pourtant, selon la Banque de développement du Canada, l’économie canadienne va bien. Le pays, en situation de plein emploi, utilise sa main-d’œuvre pratiquement au maximum de ses capacités. Malheureusement, faible taux de chômage ne rime pas avec satisfaction salariale ! En fait, toujours selon le sondage, 88 % des Canadiens aimeraient gagner près de 12 000 $ de plus par année. Les principales raisons seraient le coût de la vie (56 %) et le mérite (53 %).

Plus d’endettement

Ces résultats surprennent à peine si l’on se fie à une enquête en ligne récemment réalisée pour le compte de la société d’insolvabilité MNP, révélant que 46 % des Canadiens sont à 200 $ ou moins de l’insolvabilité financière à la fin du mois... Une situation s’expliquant notamment par des salaires trop bas, un coût de la vie trop élevé et une société de (sur) consommation qui pousse à s’endetter.

Plus de demandes

Par conséquent, 53 % des répondants canadiens affirment vouloir demander une hausse salariale cette année, contrairement à 38 % des répondants québécois. Parmi ces derniers, les salariés des générations X et Y sont plus susceptibles de le faire (48 %) que leurs collègues baby-boomers (24 %), ainsi que les hommes (39 %) comparativement aux femmes (33 %). Qui plus est, 60 % des Québécois considéreraient changer d’emploi pour un salaire plus intéressant. Les employeurs doivent donc se préparer à recevoir plusieurs demandes d’augmentation de salaire cette année ! Oseront-ils les refuser, alors que le pays est en pleine pénurie de main-d’œuvre ?

Plus de rétention

En fait, augmenter le salaire ne suffirait pas à retenir un employé, révèle une étude du cabinet de dotation en personnel Robert Half, puisque les principales raisons de démission sont l’absence de possibilité de perfectionnement professionnel et la mauvaise adaptation à la culture de l’entreprise. De plus, la plupart des experts sur la satisfaction au travail s’entendent pour dire que les éléments les plus motivants sont d’avoir une bonne relation avec ses collègues et son supérieur immédiat, ainsi que de pouvoir donner un sens à son travail.

Plus d’inquiétude

Quoi qu’il en soit, le dernier Rapport mondial sur les salaires de l’Organisation internationale du travail (OIT) est formel : la croissance mondiale des salaires est faible. Elle serait d’ailleurs au plus bas depuis la crise économique de 2008. Sans compter que les femmes gagneraient toujours 20 % de moins que les hommes... Des constats que le directeur général de l’OIT, Guy Ryder, qualifie de déroutants.