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La haine dans les rues de Montréal

GEN-MANIFESTATION-PROJET DE LOI LAÏCITÉ
photo AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS Contestation du droit à la majorité de gouverner

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La manifestation organisée par nul autre qu’Adil Charkaoui, l’imam aux sombres activités, a été pour la majorité francophone du Québec un spectacle insoutenable.

Ces manifestantes voilées, encadrées par des imams sortis tout droit des images qui nous viennent des pays musulmans où règne le fondamentalisme, brandissaient des pancartes où l’anglais occupait une place de choix et où le mot « haine » dominait.

Haine de la loi sur la laïcité, haine du premier ministre François Legault et par association haine des Québécois, qui appuient très majoritairement le gouvernement.

Une jeune femme voilée d’une vingtaine d’années a déclaré aux médias en anglais : « Le Québec n’est pas un pays. Je n’ai pas à respecter ses lois ». L’exemple lui vient de haut, puisque nombre de villes et de commissions scolaires anglophones ont prévenu qu’elles allaient défier la loi 21 votée par l’Assemblée nationale.

Menaces

Ceux qui croient que de telles manifestations sont l’expression de la démocratie doivent s’interroger. Nous ne sommes plus ici dans la diversité d’opinion et dans l’expression de la liberté de parole. Nous sommes plutôt dans une déclaration de guerre qui vise le gouvernement élu selon les règles de l’art.

Car nous sommes devant des minorités religieuses qui accordent la primauté à la religion. Des gens qui disent « Nous sommes chez nous », mais qui estiment que le « nous » majoritaire québécois est une imposture plutôt qu’une réalité sociopolitique.

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En clair, nous assistons à une contestation inquiétante du droit de la majorité de gouverner. Comme si le droit des minorités diverses avec leurs revendications multiples, qui entrent en conflit avec la culture québécoise, pouvait avoir préséance sur le droit de la majorité.

En 1962, le premier ministre Jean Lesage lançait son slogan : « Maîtres chez nous ». Aujourd’hui, ceux qui nient que le Québec est une société distincte considèrent ce slogan comme raciste avec un relent colonialiste.

Péril

Si la manifestation de dimanche, où flottaient des drapeaux algériens, où s’affichait un bilinguisme généralisé, où même des fillettes étaient voilées et où un imam s’est adressé en arabe et en anglais à la foule d’où sortaient quelques voix criant « Allah akbar », est une indication du type des relations communautaristes à venir, il y a péril en la demeure au Québec.

Les Québécois ont choisi de demeurer dans le Canada, croyant sans doute que leur distinction pouvait s’exprimer. Leur naïveté les a aveuglés, car le Canada de Trudeau a d’autres minorités plus importantes à protéger : les autochtones, les LGBT, les minorités religieuses et autres, et les racisés.

Les Québécois ont perdu leur ferveur d’antan quant à leur langue. Montréal est une ville bilingue où même la mairesse use parfois de l’anglais naturellement. Sans s’en rendre compte.

Les Québécois croient à la suprématie de la laïcité pour l’État. Des groupes religieux, dont des fondamentalistes activistes, s’y opposent en les traitant de racistes, d’islamophobes, voire d’antisémites. Et les racisés les confondent avec les ségrégationnistes américains.

La haine pave la voie au mépris. Serions-nous un peuple devenu maudit ?