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La laïcité vue d’Europe

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En Amérique du Nord, le Québec semble faire bande à part avec la laïcité, au point où cette idée semble incompréhensible à la fois aux États-Unis et au Canada anglais.

Mais en Europe, rien ne semble plus naturel que d’encadrer l’expression des signes religieux pour éviter qu’ils ne tapissent l’espace public.

France

La France est évidemment le pays de référence en matière de laïcité, et cela, depuis 1905. Il s’agissait alors de contenir et même de refouler la puissance du catholicisme dans la vie collective. Le gouvernement s’y est pris plus que brutalement. La laïcité est entrée dans les mœurs au point de devenir un élément de l’identité française.

Mais c’est à partir des années 1980 que la question de la laïcité est remontée à la surface, avec les premières manifestations du voile islamique chez des étudiantes à l’école. Fallait-il l’interdire ? Si l’immense majorité des Français y était favorable, les élites ont longtemps tergiversé. Il a fallu attendre 2004 pour que le gouvernement interdise les signes religieux ostentatoires chez les étudiants.

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L’idée est la suivante : l’école doit être un espace se dérobant à l’emprise des religions, pour permettre l’émancipation philosophique de l’élève. L’école veut s’imperméabiliser contre les communautarismes.

Ailleurs aussi en Europe, on cherche à contenir l’emprise d’un certain islam dans l’espace public, essentiellement en interdisant le niqab et la burqa – c’est-à-dire en proscrivant le voile intégral. C’est notamment le cas en Belgique.

Modération

Dans une perspective européenne, le projet de loi 21 semble terriblement minimaliste, presque insignifiant. Chaque fois que j’explique son contenu aux Français, qu’ils soient de gauche, de droite ou d’ailleurs, ils se demandent comment quelque chose d’aussi élémentaire peut faire scandale. Quand je leur parle des accusations de racisme adressées au Québec pour si peu, ils peinent sincèrement à le croire.

J’ajouterais que la plupart, sinon tous, nous souhaitent bonne chance.