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Bergevin devra jouer gros

Bergevin devra jouer gros
Photo Pierre-Paul Poulin

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Les regards se tournent vers Marc Bergevin maintenant que la saison du Canadien est terminée. On a hâte de voir comment il va s’y prendre pour améliorer son équipe.  

La pression se retrouve sur ses épaules. Les amateurs s’attendent minimalement à ce que le Tricolore soit des séries l’an prochain. Une rechute ne passerait pas et pourrait s’avérer le chant du cygne pour Bergevin.  

Dans une division où le Lightning de Tampa Bay, les Bruins de Boston et les Maple Leafs de Toronto sont en selle pour plusieurs années à venir, Bergevin devra jouer gros pendant l’entre-saison pour faire du Canadien une formation capable de rivaliser avec les meilleures.  

Le temps presse pour Price  

Bergevin ne le doit pas seulement aux partisans. Il doit le faire aussi pour Carey Price, sur qui il a parié pour mener son équipe au sommet.  

Le temps commence à presser pour son joueur de concession, qui célébrera son 32e anniversaire de naissance quelques semaines avant le prochain camp d’entraînement.  

Price le dit lui-même.  

Bergevin doit idéalement faire l’acquisition d’un marqueur, d’un défenseur numéro deux et d’un bon gardien auxiliaire pour que son équipe monte au niveau supérieur.  

Comme il ne mise pas sur ces types de joueurs dans son organisation, il devra attaquer le marché des joueurs autonomes avec combativité.  

L’argent ne pose pas problème puisqu’il dispose d’une bonne marge de manœuvre sur sa masse salariale et que le plafond devrait être augmenté de trois ou quatre millions la saison prochaine.  

De très bons joueurs pourraient être disponibles et on parle de candidats qui sont dans la fleur de l’âge.  

Chez les attaquants, Matt Duchene et Jordan Eberle ont 28 ans, Artemi Panarin, 27, et Jeff Skinner, 26. Du côté des défenseurs, Erik Karlsson et Jake Gardiner ont tous les deux 28 ans.  

Les données ont changé  

J’aime à penser qu’il pourrait bien s’en trouver un ou deux dans le lot qui seraient intéressés de poursuivre leur carrière avec le Canadien. Car les données ont changé à la suite de la saison qui vient de prendre fin.  

Ce ne sont quand même pas tous les joueurs de la planète qui sont réfractaires à l’idée de jouer à Montréal.  

Les joueurs européens s’y plaisent particulièrement.  

L’équipe montre un beau potentiel. Max Domi, Brendan Gallagher, Phillip Danault et Tomas Tatar sont dans leurs plus belles années.  

Jesperi Kotkaniemi et Ryan Poehling ne devraient être que meilleurs au cours des prochaines années. Alexander Romanov est considéré comme un très bon espoir.  

Price est encore solide et Shea Weber, c’est à souhaiter, devrait revenir en meilleure forme à l’automne.  

Joueurs autonomes avec compensation

Une autre option serait de faire une offre hostile à un joueur autonome avec restrictions. Le prix à payer n’est pas seulement coûteux sur le plan financier, mais aussi en choix au repêchage.  

Une équipe qui accorde un salaire annuel de 10 millions et plus doit compenser la formation du joueur qu’elle embauche avec quatre choix de première ronde.  

Mais si ce joueur s’appelle Brayden Point, Mitch Marner, Mikko Rantanen, Sebastian Aho ou Matthew Tkachuk, le jeu peut en valoir la chandelle. Ces joueurs ont fait leurs preuves dans la Ligue nationale, tandis que les choix au repêchage sacrifiés demeurent un risque.  

«C’est facile de dire ça quand on est assis dans une chaise de journaliste, a rétorqué Bergevin au confrère Pat Hickey du quotidien The Gazette, hier.  

«Mais quand tu es dans ma chaise, tu dois penser à long terme. Faites-moi confiance, le marché des joueurs autonomes avec compensation est une avenue que l’on regarde tout le temps.»  

Dans ce cas, Bergevin devra examiner la situation de très près, juillet venu.  

À Drouin d’être à la hauteur  

Je ne sais pas si ça va l’aider à se sentir plus léger, mais Jonathan Drouin a fait son mea-culpa avant de plier bagage pour les cinq prochains mois.  

En commentant la situation devant les journalistes, Marc Bergevin a dit que Drouin n’aurait peut-être pas avoué ses fautes il y a trois, quatre ou cinq ans.  

Une façon de dire que son joueur a acquis de la maturité.  

Drouin n’est pas un mauvais gars. Il est le premier à reconnaître que son refus de se rapporter au Crunch de Syracuse, à sa deuxième saison avec le Lightning de Tampa Bay, ne fut pas sa meilleure décision.  

À 24 ans, le temps est venu pour lui de montrer ce qu’il peut faire dans la Ligue nationale. Il n’est plus un jeunot.  

Il est encore l’attaquant du Canadien montrant les plus belles habiletés. Mais encore doit-il bien les utiliser et apprendre à jouer dans un concept d’équipe.  

Joueurs autonomes  

Combien de joueurs de grand talent ont connu du succès dans la Ligue nationale en se fiant uniquement à leur talent?  

Steve Yzerman vous dira qu’il est devenu un joueur plus complet à partir du moment qu’il a été dirigé par Scotty Bowman. Ron Francis dit de même.  

L’idée n’est nullement de comparer Drouin à ces deux grands noms, mais de dire que tout devient possible pour un joueur qui veut y mettre du sien.  

Contrairement à ce que certains souhaitent, Drouin ne sera pas échangé pendant l’été. Bergevin ne perdrait pas seulement la face, mais Drouin pourrait le lui remettre sur le nez assez vite en s’épanouissant avec une autre équipe.  

Drouin doit avoir appris beaucoup à ses deux premières saisons à Montréal. À lui de montrer qu’il a retenu la leçon et qu’il veut bien réussir sa carrière.