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Crise des opioïdes: plus de 10 300 morts en moins de trois ans

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OTTAWA | La crise de surdoses mortelles liées à la consommation d'opioïdes n'a pas fini de faire des ravages au pays, tandis que le cap des 10 000 morts a été franchi au pays depuis le début de la compilation des données.

De janvier 2016 à septembre 2018, plus de 10 300 consommateurs de drogues ont succombé à une surdose. Le fentanyl, un opiacé synthétique 100 fois plus puissant que l'héroïne, et ses analogues ont joué un rôle dans 73 % des décès en 2018.

Les hommes continuent de représenter 75 % des victimes de la crise des opioïdes, tandis que 93 % des surdoses mortelles étaient accidentelles, a précisé l'Agence de la santé publique du Canada en dévoilant les plus récentes données disponibles mardi.

Bien pire que la route

Le taux de mortalité associé à la crise des opioïdes pour les neuf premiers mois de 2018 était de 11,8 décès par 100 000 habitants. C'est donc dire que ces drogues ont causé presque deux fois et demie plus de dégâts que la conduite automobile, les accidents de la route ayant causé cinq morts par 100 000 habitants en 2017, selon Statistique Canada.

Sans surprise, la crise est demeurée très forte dans l'Ouest canadien, avec plus de 30 décès par 100 000 habitants en Colombie-Britannique en 2018. L'Alberta (19 décès/100 000 habitants) et l'Ontario (9,6 décès/100 000 habitants) sont aussi particulièrement touchés, ces trois provinces totalisant la grande majorité des morts recensés.

En comparaison, le taux était de 4,8 décès au Québec, qui est relativement épargné par la crise.

Plafonnement

Ces données sont «un rappel brutal de l’importance de poursuivre et d’amplifier nos efforts pour enrayer l’épidémie de surdoses d’opioïdes au Canada», a commenté l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, Dre Theresa Tam.

Seul point positif: le nombre de décès semble atteindre un plafond, après avoir grimpé en flèche au cours des premières années de la crise. «Tout ce qui a été accompli jusqu’à présent a fait une différence», a souligné la Dre Tam, en évoquant l'accès à la naloxone – un antidote au fentanyl – et l'ouverture de sites de consommation supervisée.

De son côté, la ministre de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, a rappelé que le budget fédéral de 2019 prévoit 30,5 millions $ de plus sur cinq ans pour faire face à la crise des opioïdes.