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Guillaume Wagner montre encore les dents

Guillaume Wagner
Photo d'archives, Agence QMI Guillaume Wagner

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Prôner la monogamie, refouler son «douchebag intérieur» et avoir le courage de se rebeller. Même s’il demande au public de se faire sa propre morale, Guillaume Wagner donne des leçons malgré lui dans Du cœur au ventre, un one man show dense, corrosif, qui demande beaucoup d’attention.

Si le public avait l’intention de se «mettre le cerveau à off» en s’asseyant dans la salle, Guillaume Wagner prévient que ce ne sera pas avec son troisième spectacle que ce sera possible. Le spectre de sujets chauds abordés est large : le racisme, l’homophobie, la sexualité, la culture du viol. Après trois ans d’absence, il n’a pas perdu une once de mordant.

Mais c’est avec les points positifs de sa paternité qu’il lance les premières lignes d’un texte fort chargé. «C’est la première fois que j’apprécie ce qui se passe à la télé», évoquant les «quiz de vedettes avec des cartons», qu’il qualifie de la «télé de zombies».

En attendant qu’il revienne plus tard à sa critique virulente du star-système, Guillaume Wagner est passé du coq à l’âne dans un débit trop rapide, au tout début. Il a effleuré le mouvement #MoiAussi lorsqu’il s’imagine s’adresser à son garçon quand il aura quatre ans, avant de parler de l’accouchement de sa blonde... et de revenir à #MoiAussi plus tard.

Les premières victimes de son humour musclé ? Le public. Guillaume Wagner prend un malin plaisir à critiquer les gens qui aiment trop les vedettes, trop les selfies et qui sortent peu de leur zone de confort, un mal généralisé dans la société, image-t-il tout au long de la soirée.

Les vedettes dans le tordeur

Les secondes victimes? Les vedettes. Guillaume Wagner ne s’est jamais senti à l'aise dans le star-système québécois. Comme il a l’habitude de le faire, il écorche encore au passage de très nombreuses personnalités, comme Jay Du Temple, Philippe Bond, Gino Chouinard, et même encore Richard Martineau et Sophie Durocher, tout en critiquant - encore - ceux qui font de la publicité. Il n'est pas tendre non plus envers le livre de croissance personnelle de la chanteuse Ima, se moquant de son secret du bonheur. 

Dans son numéro sur la culture du viol, c’est aux hommes qu’il s’adresse. «On a tous un douchebag à l’intérieur qui veut prendre le contrôle. Le mâle «de base», tu ne veux pas devenir ce gars-là. Notre côté niaiseux est en train de tout gâcher», martèle celui qui n’hésite pas à se pointer du doigt et qui fait l'éloge de la vie de couple. 

Il était d’ailleurs hilarant de le voir imiter ce «mâle de base», qui revient souvent dans le spectacle.

Dans une dernière ligne droite percutante, Wagner s’emporte sur le comportement des gens sur les réseaux sociaux et la dictature de la beauté qui y est véhiculé.

On a parfois senti que le public riait jaune, mais l’humoriste est allé chercher des rires sur les gags les plus corsés, même lorsqu’il a mis en scène Hitler dans un numéro d’humour.

«La vraie morale de mon spectacle : y’en n’a pas. Fais-la donc toi-même. Soyez rebelle un peu», demande-t-il en conclusion.