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Interdiction des calèches à Montréal: la Ville remettra 1000 $ par cheval

calèche dans le vieux Mtl
Photo d'archives, Ben Pelosse

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Pour compenser les propriétaires de chevaux de calèche, une activité qui sera interdite à Montréal à compter de 2020, la Ville offrira 1000 $ par cheval remis à une association de protection des animaux.

«C’est nous rire en pleine face», s’est insurgé Luc Desparois, propriétaire des Calèches Lucky Luc, qui juge l'offre «insultante». Ce montant est «ridicule» par rapport à la valeur des permis et des chevaux, selon celui qui emploie une vingtaine de cochers, qui devront peut-être aller d’autres villes pour exercer leur métier.

«Ils nous empêchent de gagner notre vie», s’est indigné M. Desparois, critiquant plusieurs règles déjà en place, comme l’obligation de retirer un cheval de la circulation lorsqu’il fait plus de 28 °C à Montréal – une limite fixée à 32 °C à Québec. «Un cheval, ça naît dehors, ça vit dehors douze mois par année. On n’a pas besoin de la mairesse pour nous dire quoi faire avec notre cheval», a lancé le propriétaire exaspéré.

Près de 50 cochers sont actifs à Montréal. «Pour les cochers qui, à la fin de l'année, devront changer d’emploi, ils détiennent une expertise, une connaissance de la métropole, une expérience touristique assez pertinente. Alors, on va travailler avec eux pour les diriger vers d’autres formes d’emploi», a indiqué Jean-François Parenteau, responsable des services aux citoyens au comité exécutif de la Ville.

Éviter l’abattoir

En offrant 1000 $, Montréal espère inciter les propriétaires à ne pas amener leurs chevaux de calèche à l’abattoir, «qui va donner beaucoup moins d’argent que ce qu’on offre», a expliqué M. Parenteau.

La Ville a signé une convention de service de deux ans avec la SPCA de Montréal, qui prendra en charge les chevaux, en collaboration avec l’Association québécoise de protection des chevaux Galahad. L’animal sera ainsi placé dans un refuge ou une famille adoptive.

Les personnes souhaitant adopter un cheval seront soumises à un processus de sélection rigoureux, a assuré Sophie Gaillard, directrice de la défense des animaux de la SPC, qui se réjouit du «changement de mentalité qui est en train de s’opérer ici à Montréal, au Québec et un peu partout ailleurs dans le monde par rapport à notre rapport aux animaux».

Les propriétaires pourront s’inscrire au programme dès le 1er mai. Pour une cinquantaine de chevaux, la Ville s’attend à recevoir une trentaine de demandes. Une compensation de 30 000 $ est prévue et pourrait s’élever jusqu’à 50 000 $.

En juin 2018, Montréal avait adopté un règlement interdisant les calèches sur son territoire à partir de 2020, en réaction à des plaintes citoyennes sur le bien-être des animaux, ainsi que des incidents impliquant des calèches.