/opinion/columnists
Navigation

La laïcité, cette ennemie des islamistes

GEN-MANIFESTATION-PROJET DE LOI LAÏCITÉ
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Adil Charkaoui a rappelé que la force de son groupe ne s’arrêtera pas dans la rue.

Coup d'oeil sur cet article

Dimanche dernier, une manifestation a eu lieu, à Montréal, à l’appel du Collectif canadien anti-islamophobie (CCAI) contre le projet de loi sur la laïcité de l’État.

En démocratie, il est tout à fait légitime de manifester, mais il est intolérable d’accuser un gouvernement légitimement élu au Québec de fasciste, quel que soit le parti au pouvoir.

La bête noire

Ils ont marché par milliers pour protester contre l’interdiction des signes religieux (ce qui est tout à fait légitime), mais bon nombre de ceux et celles qui se sont amenés à cette manifestation, avec leur Kippa, leur foulard et leur turban, ne connaissaient peut-être pas l’agenda politique de ce collectif.

Ils ne savaient peut-être pas qu’ils avaient marché sous la bannière d’un groupe qui mouille depuis des années en eaux troubles. Ce n’est pas une excuse, mais la bonne foi se présume.

Hier, le leadership organisé des communautés juives a corrigé le tir en appelant « à ne plus manifester avec Adil Charkaoui et son groupe », qu’ils qualifient « d’intégristes religieux radicaux » à la « rhétorique incendiaire » (La Presse, 9 avril 2019).

Le Collectif québécois contre l’islamophobie a été créé en mars 2010, avant de changer de nom et devenir le Collectif canadien anti-islamophobie.

Mais la matrice de ce mouvement nous vient d’Europe, qui a vu naître le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) en réponse à la Commission Stasi, en 2003. Son président fondateur, Samy Debah, était un prédicateur du Tabligh.

En 2017, il avait quitté son poste au CCIF pour se présenter comme candidat indépendant dans une circonscription de l’Île-de-France, aux élections législatives, et avait réussi à se hisser au 2e tour.

Il avait mené un combat de tous les instants contre la laïcité en France, leur bête noire, particulièrement durant la commission Stasi qui avait conduit à une réflexion sur ce sujet, à la demande du président Chirac, dans la foulée de la crise du foulard islamique à l’école.

Chirac dira, le 17 décembre 2003, que la laïcité est une « pierre angulaire de la République, faisceau de nos valeurs communes de respect, de tolérance (et) de dialogue ».

Démonstration de force

Au Québec comme ailleurs, l’ennemie à abattre de ces collectifs anti-islamophobie c’est la laïcité. Ils s’y opposent fondamentalement parce qu’elle va à l’encontre de leur agenda politique, qui consiste à imposer un islam politique basé sur leur vision du monde.

Ils sont toujours prêts à instrumentaliser les crises et n’hésitent pas à se présenter comme des sauveurs de l’islam et des musulmans et des remparts contre la mécréance.

Salam El Menyawi, l’éternel président du Conseil musulman de Montréal, l’a bien claironné lors de la manifestation du 7 avril. « Si quelqu’un est affecté, venez vers nous et on agira en votre nom pour s’assurer que ce projet de loi ne s’appliquera jamais. »

Après avoir appelé les autres groupes à la solidarité, il a bombé le torse en affirmant qu’ils n’avaient pas besoin des autres pour passer leur message. Ils sont capables de le faire par eux-mêmes. Une vraie démonstration de force.

Quant à Adil Charkaoui, il a rappelé que la force de son groupe ne s’arrêtera pas dans la rue et a promis de reprendre la caravane qui marchera à nouveau, sur l’Assemblée nationale. Beaucoup d’agitation en vue !