/24m
Navigation

Prochain chapitre

Prochain chapitre
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Depuis un peu plus de trois ans, j’assure la première partie du dernier spectacle solo de Jean-Michel Anctil. Un rôle que j’ai porté avec bonheur et fierté. Ce n’est quand même pas rien pour un humoriste de la relève d’avoir la chance d’accompagner le plus grand vendeur de billets que le Québec ait connu.

C’est samedi dernier que s’est conclue cette tournée. Dans une salle Albert Rousseau pleine à craquer, c’est avec la larme à l’œil et la boule dans la gorge que Jean-Michel a tiré sa révérence pour une dernière fois. Ce n’est pas une façon de parler, au terme de cette tournée, il a annoncé que c’était son dernier spectacle solo. Ce n’est pas la fin de sa carrière d’humoriste. Il fera encore des apparitions sur des galas et autres événements, mais il ne fera plus le tour du Québec avec un one man show.

Bien qu’il aime encore la scène, il considère avoir dit ce qu’il avait à dire et, après plus de 20 ans à parcourir les routes, il commence à être un peu usé et on le comprend.

De quitter la scène comme ça, alors qu’il est encore au sommet et que les salles sont toujours remplies, ça prend une maturité et une humilité hors du commun. Comment savoir quand s’arrêter? Comment être certain que c’est le bon moment? Être certain de n’avoir aucun regret et d’assumer pleinement notre décision. J’imagine qu’il a fait et refait le scénario dans sa tête. Comment allait être une vie sans tournée, sans la chaleur constante du public soir après soir? Il a sûrement eu des doutes et des remises en question, mais en bout de ligne, il a tranché.

Tourner la page sur quelque chose, c’est toujours difficile. On a parfois de la difficulté à sortir d’un chapitre pour en commencer un nouveau. Même les relations les plus toxiques peuvent nous garder prisonniers bien longtemps. Alors, imaginez quand il s’agit d’une relation d’amour et de respect. Je ne sais pas si j’aurais cette sagesse, je ne sais pas si un jour je l’aurai. J’ai toujours eu beaucoup de difficulté avec le fait de passer à autre chose. J’ai toujours peur de partir au mauvais moment, de rater quelque chose d’important. Alors je reste et j’attends. Je continue, j’assume ou je subis jusqu’à ce je n’ai plus de choix que de passer à autre chose.

Il ne faudrait pas toujours attendre ainsi l’inévitable, il faudrait apprendre à le provoquer. Tourner nous-mêmes la page de notre propre livre. Le problème c’est que notre livre n’est pas encore terminé alors tourner une page implique de devoir en créer une autre, et ça c’est angoissant.

Par chance, il y a des gens qui osent le faire et qui, par le fait même, nous inspirent à emboîter le pas.

Bravo, Jean-Michel, et merci pour tout!