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130 chantiers nocturnes: le métro fourmille même la nuit

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MONTRÉAL – Plusieurs Montréalais aimeraient que le métro soit ouvert plus souvent la nuit, mais la Société de transport de Montréal (STM) dit que c’est impossible en raison des nombreux chantiers, ce qu’une visite nocturne des tunnels confirme.

Au début du mois, le parti d’opposition Ensemble Montréal a suggéré que le métro soit ouvert toute la nuit pendant 13 week-ends cet été. Or, il y a actuellement quelque 130 chantiers de réfection du métro qui ne peuvent se dérouler que pendant quelques heures la nuit.

Chaque nuit, à 1 h 30, lorsque le dernier train de passagers rentre en gare, le réseau est mis hors tension et les travailleurs se dispersent à travers celui-ci avec leur matériel. À 5 h 30, pile, les voies doivent être complètement libres pour que les premiers trains entament le service régulier, ce qui laisse une fenêtre de 4 h par jour pour travailler.

Le service de métro s'interrompt chaque nuit pendant quatre heures. Des ouvriers profitent de cette mince fenêtre de temps pour travailler sur les quelque 130 chantiers souterrains qui ne peuvent pas être actifs lorsque la clientèle est présente dans le métro.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Le service de métro s'interrompt chaque nuit pendant quatre heures. Des ouvriers profitent de cette mince fenêtre de temps pour travailler sur les quelque 130 chantiers souterrains qui ne peuvent pas être actifs lorsque la clientèle est présente dans le métro.

«Avec le déplacement et l’installation des chantiers, on a à peu près deux heures et demie de travail efficace par soir», a mentionné Donald Desaulniers, directeur principal Grands programmes de maintien d’actifs du métro.

«Chaque minute compte, la nuit», a renchéri Marie-Claude Léonard, directrice générale du métro. «C’est une prouesse chaque matin qu’on réussisse à repartir le métro avec 130 chantiers!» a-t-elle ajouté.

À cela s’ajoutent aussi les activités régulières d’entretien des voies, comme le dépoussiérage.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Des chantiers dérangeants

Entre la station Crémazie, où notre visite nocturne s'est amorcée, et la station Berri-UQAM, nous avons rencontré cinq chantiers actifs trop dérangeants pour pouvoir cohabiter avec la présence de la clientèle.

À la station Jean-Talon, une équipe d’ouvriers était en train de faire de l’excavation pour la construction d’un nouveau mur porteur, créant du même coup un vacarme qui serait intolérable pour les usagers.

À la station Mont-Royal, la construction d’une nouvelle voûte mobilisait plusieurs employés et beaucoup de matériel sur les quais.

Entre les stations, directement sur les rails, une équipe faisait des travaux de soudure pour compenser de l’usure, une autre réglait un problème d’infiltration d’eau et une dernière s’affairait à changer des pièces du système de fixation des rails.

«Ce n’est pas un caprice de fermer le métro pendant la nuit, on aurait des problèmes pendant le jour si on ne le faisait pas», a résumé le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb.

Actuellement, le métro est ouvert pendant la nuit deux jours par année: lors du Nouvel An et à l’occasion de la Nuit blanche.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Observé sous terre:

  •  L'un des véhicules d'entretien du métro date de son inauguration, en 1967. En juillet 2019, la STM commencera à utiliser des véhicules électriques pour l'entretien nocturne.
  •  Lorsque des trains ont besoin d'être testés, ils peuvent rouler sur une piste d'essai d'un kilomètre située sous le parc Jarry.
  •  Le 54e et tout dernier train Azur de la première commande de la STM est en train d'être assemblé par Bombardier-Alstrom, dans les installations mêmes de la STM.