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Bloc québécois: In English Please!

Bloc québécois: In English Please!
Photo blocquebecois.org

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On savait déjà que le nouveau chef du Bloc Québécois, l’ex-ministre péquiste Yves-François Blanchet, avait du front tout le tour de la tête. Certains diraient même qu’il est un brin baveux...  

Son dernier coup de pub le confirme, mais dans le sens positif du terme.  

Sur l’autoroute 417 menant à Ottawa, le Bloc a fait installer un panneau-réclame. Pour marquer son appui au projet de loi 21 sur la laïcité du gouvernement Legault, on peut y lire, en anglais seulement et même sans accent sur le mot Québec:  

«Quebec knows what’s right for Quebec. Thank you.» (Le Québec sait ce qui est bon pour le Québec. Merci.)  

Le message est lancé au Canada anglais, au gouvernement Trudeau, aux conservateurs et aux néo-démocrates. Il est du genre: mêlez-vous de vos affaires, merci beaucoup, et on s’occupera des nôtres.  

Sur le plan tactique, parler au Canada anglais dans sa langue – moins de 10% seulement des Canada anglais connaissent le français -, est une idée bien ficelée. Rendu là, pourquoi pas les narguer dans la langue de Don Cherry?  

Cela dit, la véritable cible de cette publicité n’est pas vraiment celle que l’on croit. C’est plutôt ceux et celles qui, parmi les électeurs francophones au Québec, sont favorables au projet de loi 21, qu’ils soient souverainistes ou pas. Rappelons en effet que l’élection fédérale aura lieu le 21 octobre prochain.  

Or, ce joli coup tactique est également une arme à deux tranchants.  

Il est vrai que malgré ses propres graves difficultés depuis la vague orange de 2011, elle rappelle l’existence du Bloc aux Québécois. Et ce, à un moment où les libéraux de Justin Trudeau mènent encore au Québec dans les intentions de vote. Affaire SNC-Lavalin, ou pas.  

Or, en se portant du même coup et aussi fortement à la défense du gouvernement de François Legault dans un dossier particulièrement sensible, elle risque en même temps de consolider les appuis à la CAQ au lieu d’aider le PQ, le parti frère du Bloc.  

Et c’est précisément là où la défense classique des «consensus» québécois à Ottawa par le Bloc a peut-être des chances de l’aider à court terme, mais elle risque fort d’aider pas mal moins son compagnon de route péquiste. Lequel est en péril. C’est le moins que l’on puisse dire.