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Intoxiqués au monoxyde de carbone

La famille sinistrée a fait ce qu’il ne faut jamais faire: utiliser un barbecue au charbon de bois à l’intérieur

GEN - VERGLAS LAVAL 2019
Photo Martin Alarie Le capitaine du Service des incendies de Laval, Patrice Miron, a prodigué des conseils de sécurité toute la journée, dont ici dans le quartier Vimont.

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Un Lavallois touché par les pannes électriques de la Rive-Nord dit avoir vécu un cauchemar lorsque sa famille a été intoxiquée au monoxyde de carbone après avoir utilisé un barbecue au charbon chez lui pour faire chauffer de l’eau.

« C’est mon erreur, mais je voulais simplement préparer un peu de thé à ma femme et mes enfants, il faisait si froid », confie Hassan Rahmani, encore secoué par les événements qui se sont déroulés dans la nuit de lundi à mardi.

Il raconte avoir allumé lundi soir son barbecue sur le patio extérieur, mais vitré en avant de la maison pendant une trentaine de minutes. La porte du patio était ouverte vers l’extérieur, mais, au lieu de sortir dehors, la fumée est plutôt entrée dans le jumelé du quartier Vimont, l’un des secteurs durement touchés par les pannes d’électricité.

Peu après 1 h 30, sa fille de 11 ans, Rasha, est tombée au sol, inconsciente, en se rendant à la salle de bain. Son fils et sa femme souffraient quant à eux de vomissements.

« C’est terrible, on ne voyait rien, on ne sentait rien. Le monoxyde de carbone est vraiment un tueur silencieux », lâche Hassan Rahmani.

Chanceux

Depuis le début des pannes électriques, lundi midi, une trentaine de personnes ont été transportées dans des centres hospitaliers après avoir été incommodées par des gaz toxiques. Dans la plupart des cas, c’est l’utilisation d’un chauffage d’appoint inadéquat qui est en cause.

Un système de chauffage improvisé qui aurait pu être extrêmement dangereux pour le feu et pour le monoxyde de carbone.
Photo courtoisie, Service des incendies de Laval
Un système de chauffage improvisé qui aurait pu être extrêmement dangereux pour le feu et pour le monoxyde de carbone.

« Il y a des choses à ne pas faire, comme installer un barbecue dans son salon ou placer une génératrice trop près des maisons parce que les dégagements entrent dans la maison », indique le chef de division aux opérations du Service des incendies de Laval, Sylvain Gariépy.

« On a été chanceux qu’il n’y ait pas eu de décès », ajoute le pompier.

Demander de l’aide

Comme une vingtaine d’autres personnes, la famille Rahmani a été traitée à l’Hôpital du Sacré-Cœur, à Montréal.

Elle a passé deux heures dans une chambre hyperbare. Ce type de caisson permet de faire respirer aux patients de l’oxygène très concentré pour accélérer la guérison, dans les cas d’intoxication aiguë.

« Nous n’avions jamais vécu une telle situation, mais nous sommes soulagés que nos enfants soient en bonne santé. Nous avons quitté l’Iran il y a quatre ans pour leur offrir un meilleur avenir », insiste M. Rahmani.

Ce dernier affirme que la prochaine fois, il ne se gênera pas pour demander de l’aide à des proches et il compte demander au propriétaire de la maison de faire installer un système de chauffage alternatif au gaz.

En 48 heures, 25 cas d’intoxication ont été rapportés à Laval, huit dans les Laurentides, deux dans Lanaudière. Aussi, cinq à sept personnes à Terrebonne, Repentigny et dans les environs ont été envoyées à l’hôpital pour la même raison.

– Avec l’Agence QMI