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Katie Bouman, la scientifique de 29 ans qui a imaginé l’algorithme pour voir un trou noir

Katie Bouman, la scientifique de 29 ans qui a imaginé l’algorithme pour voir un trou noir

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NEW YORK | Encore totalement inconnue du grand public en début de semaine, la chercheuse américaine Katie Bouman est devenue une vedette mondiale après la publication mercredi de la première image d’un trou noir, rendue possible par un algorithme qu’elle avait conçu.

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«Je regarde incrédule alors que la première image que j’aie faite d’un trou noir prend forme», a écrit mercredi la jeune femme de 29 ans sur Facebook.

Si le phénomène céleste est connu depuis le XVIIIe siècle, aucun téléscope n’avait encore réussi à observer un trou noir, sans même parler d’en obtenir une image.

Katie Bouman a mis au point en 2016 l’algorithme baptisé CHIRP, qui a permis de créer une image à partir des quatre petaoctets (4 millions de milliards d’octets) de données récoltées par huit téléscopes dans le monde, réunis au sein du projet Event Horizon Telescope.

Katie Bouman, la scientifique de 29 ans qui a imaginé l’algorithme pour voir un trou noir
AFP

La volume de données était tel qu’il a fallu réunir physiquement l’ensemble des disques durs, soit plusieurs centaines de kilos de matériel, en un même lieu, à Westford, où se trouve l’observatoire Haystack dépendant de l’université scientifique Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Pour s’assurer que l’image ne s’appuyait pas sur une reconstitution erronée, le centre d’astrophysique de Harvard-Smithsonian, qui dépend de l’université d’Harvard, a formé quatre équipes différentes.

Chaque équipe a utilisé l’algorithme pour obtenir une image. Après un mois de travail, les quatre groupes ont présenté leurs résultats aux autres. “Quand j’ai vu que toutes les équipes avaient des images très similaires, ça a été le moment le plus heureux que j’aie jamais connu”, a-t-elle expliqué mercredi au Wall Street Journal.

«Ce n’est pas un algorithme ou une personne qui a créé cette image», a tempéré, via Facebook, la chercheuse, qui est aujourd’hui professeure dans l’autre université scientifique majeure des États-Unis, la California Institute of Technology (CalTech).

«Cela a nécessité le talent incroyable d’une équipe de scientifiques du monde entier», a-t-elle poursuivi, «et des années de dur labeur pour mettre au point cet instrument, le traitement des données, l’imagerie et les analyses techniques nécessaires pour réussir ce qui semblait impossible».