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Chronique d’une mort annoncée

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À sa création, internet était un espace où la liberté d’expression semblait inviolable. Ce temps est révolu.

Erreur

YouTube démonétise les contenus de commentateurs politiques jugés « inappropriés ». Facebook annonçait lundi sa décision de bannir plusieurs sites associés à la droite identitaire. Au même moment, le Parlement européen approuvait un projet de loi pour forcer les entreprises du Web à retirer tout contenu à « caractère terroriste ». La semaine dernière, l’Australie passait une loi pour sanctionner les réseaux sociaux sur lesquels apparaissent des « contenus violents ».

Certes, des déchets de l’humanité publient sur le Web des propos pestilentiels et horrifiants. Malgré tout, permettre aux États de légiférer est une erreur !

Censure

Initialement, les lois visent toujours un ennemi commun. Aujourd’hui, on se ligue contre le terrorisme. Mais comme l’interprétation juridique de ce terme est large et floue, où s’arrêtera la censure des États ? Parce qu’elles exècrent l’opposition, les élites politiques ont toujours tenté de bâillonner le peuple pour mieux le contrôler. Les contenus violents sont la faille dont les États se servent pour investir le Web. Parions que ces lois deviendront rapidement un outil liberticide au service de la censure politique décomplexée et de la répression des crimes de la pensée.

La liberté d’expression est attaquée. Faut-il réagir ? En guise de réponse, je me permets de paraphraser le pasteur Martin Niemöller :

« Quand ils ont censuré les sites “aux contenus violents”, je n’ai rien dit, je n’étais pas violent.

Quand ils ont censuré les sites de droite identitaire, je n’ai rien dit, je n’étais pas de cette droite.

Quand ils ont censuré les sites d’opinions controversées, je n’ai rien dit, je n’aimais pas la controverse.

Quand ils ont censuré des blogues politiquement incorrects ou alternatifs, je n’ai rien dit, je ne bloguais pas.

Puis, ils ont censuré l’information. Là, il ne restait personne pour réagir ».

À bon entendeur, salut !