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Offres d’emploi et de logement: Facebook poursuivi pour discrimination

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AFP

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Facebook aurait contrevenu à la charte québécoise des droits de la personne en permettant à des employeurs et des propriétaires de logement de n’afficher leurs annonces qu’à certains types de personnes, allègue une poursuite qui pourrait s’élever à 100 M$.

Une nouvelle tuile s’abat sur le réseau social de Mark Zuckerberg. Cette fois-ci, ce sont les offres d’emploi et de logement présentées sur le site qui suscitent la controverse.

Les annonceurs publicitaires peuvent en effet cibler certaines catégories d’utilisateurs au moment de publier une annonce. On peut par exemple s’adresser uniquement aux femmes détentrices d’une maîtrise de Montréal, ou encore aux personnes de 20 à 35 ans uniquement.

Charte québécoise

Cette mesure est tout à fait légale la plupart du temps, par exemple lorsqu’on cherche à faire la promotion d’un produit. Mais lorsqu’elle est appliquée aux offres d’emploi ou de logement, cela constitue de la discrimination en vertu de la charte québécoise des droits de la personne, soutient Jean-Michel Boudreau, avocat chez IMK.

« On ne peut refuser un emploi à une personne parce qu’elle a la peau noire ou parce qu’elle est âgée. C’est le même principe lorsqu’on annonce un poste. On ne peut l’annoncer qu’aux personnes de race blanche ou aux moins de 50 ans. Et c’est la même chose pour le logement, on ne peut décider qu’on n’affiche pas l’appartement à louer aux personnes pakistanaises ou aux femmes », explique l’avocat.

Recours collectif

Pourtant, c’est ce qui se passe tous les jours à l’heure actuelle, affirme-t-il. Son cabinet a déposé hier une demande d’autorisation de recours collectif devant la Cour supérieure, au nom de Lyse Beaulieu, une adjointe juridique de 65 ans qui a tenté de se trouver un emploi récemment. « Elle a été victime de discrimination à cause de son âge », dit Me Boudreau.

Tous les utilisateurs canadiens du réseau social pourraient prendre part au recours, s’il est autorisé par la Cour.

Vendredi, Facebook a indiqué au journal être «au courant» de ce qu’ils décrivent comme une «plainte», plutôt qu’une demande de recours.

«Il n'y a pas de place pour la discrimination sur Facebook; cela est strictement interdit dans nos politiques. Au cours de la dernière année, nous avons renforcé nos systèmes pour mieux nous protéger contre les utilisations abusives. Nous sommes au courant de la plainte et nous réagirons en conséquence», a indiqué un porte-parole ayant refusé d’être identifié, par courriel.