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La guerre hybride et le Québec

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Ce n’est pas parce que les cubanologues et autres venezuelogues patentés de Radio-Canada et du Devoir n’en parlent plus pour l’instant que la guerre froide entre Cuba et le Venezuela, d’une part, et les États-Unis, d’autre part, n’en continue pas moins de plus belle. 

Le Venezuela connaît, depuis plusieurs années, une situation de guerre hybride, menée par les États-Unis et ses alliés continentaux comme la Colombie, entre autres. Une guerre non-conventionnelle qui utilise des techniques modernes de communication, allant du chantage auprès de partenaires commerciaux et de banques étrangères aux menaces répétées d’invasion militaire, en passant par le sabotage du système électrique du pays, et des sanctions de toutes sortes contre ceux qui entretiennent des liens commerciaux avec ce pays. On vise à saper et à asphyxier l’économie, de façon à créer du mécontentement parmi la population et à gagner ainsi le cœur de ceux qui supportent toujours le gouvernement légitime du président Maduro. D’ailleurs, le conseiller à la sécurité du gouvernement américain, John Bolton, ne s’en cache pas : « Ce que nous faisons, c’est comme lorsque Darth Vader, dans la Guerre des étoiles, étrangle quelqu’un. C’est exactement ce que sommes en train de faire économiquement avec le Venezuela. » 

Cette guerre larvée a causé des pertes énormes, malgré les importants revenus du pétrole, principale source de devises du pays. On a créé artificiellement des pénuries de biens essentiels et de médicaments — par exemple, des entreprises américaines refusent de vendre de l’insuline au Venezuela — en raison du blocus et des interdictions diverses imposées par les États-Unis, tout comme la saisie des réserves monétaires déposées dans les institutions bancaires américaines aux fins des transactions courantes entre les deux pays. Des milliards de dollars appartenant à la République bolivarienne du Venezuela ont ainsi été saisis. 

La liste de ces sanctions serait trop longue à énumérer et seuls des gens de mauvaise foi refusent de voir un plan savamment orchestré par les États-Unis pour faire main basse sur les plus grandes réserves pétrolières au monde, des gisements gaziers immenses, de même que des ressources minières abondantes comme l’or, les diamants, le coltan, le bauxite, etc. 

La vie de milliers, voire de millions de Vénézuéliens est en péril. La dernière mesure du gouvernement Trump, il y a quelques jours, fut de frapper d’interdit de circulation dans les eaux territoriales américaines une trentaine de navires vénézuéliens qui transportent du pétrole vers Cuba. On vise à la fois le Venezuela et Cuba, deux pays qui font partie de « l’axe du mal », selon Trump. 

Les États-Unis entendent justifier une possible intervention militaire dans ce pays par une crise humanitaire qu’ils ont eux-mêmes contribué à créer, utilisant comme tête de pont le président autoproclamé Guaido, ainsi que toute sa panoplie de fondations et ONG dites humanitaires. Considérant encore et toujours l’Amérique latine comme son arrière-cour, l’administration américaine actuelle voit d’un très mauvais œil la présence de la Russie et de la Chine dans la région en appui au Venezuela. Tous les éléments d’une nouvelle guerre froide sont donc en place. 

Quel rapport avec la situation au Québec? C’est que le gouvernement fédéral canadien et les autres provinces s’apprêtent à déclarer la guerre au Québec en raison du projet de loi 21, qui a prévu d’utiliser la clause dérogatoire pour parer à toute contestation des tribunaux. Une guerre larvée, non-conventionnelle, psychologique, sans violence, qui utilisera toute la gamme des nouvelles techniques de communication, y compris un discours pseudo-progressiste, pour discréditer le Québec, qu’on accusera de racisme, de xénophobie, de nazisme, etc., comme on l’a vu lors de la manifestation organisée par Adil Charkaoui, entre autres. D’ailleurs les hostilités ont déjà commencé et tous les arguments seront brandis au nom de la liberté de choix et du multiculturalisme. Notre détermination devra être de fer car tous les coups bas seront permis de la part d’un ennemi aux abois, comme l’est actuellement le gouvernement Trudeau.