/opinion/columnists
Navigation

Le hurlement du maire Steinberg

Parmi les frustrations qui ont fait déraper le maire de Hampstead, il y a sans doute le sentiment que l’ouest de Montréal n’a plus son  influence énorme.
Capture d'écran, TVA Nouvelles Parmi les frustrations qui ont fait déraper le maire de Hampstead, il y a sans doute le sentiment que l’ouest de Montréal n’a plus son influence énorme.

Coup d'oeil sur cet article

Le maire de Hampstead ne va pas bien. Ses déclarations référant au nettoyage ethnique sont condamnables au suprême degré et l’ont d’ailleurs été de façon universelle. La bêtise de son propos a même forcé l’intervention saine et ferme du premier ministre du Canada.

Franchement, il n’est plus digne d’être maire. Des excuses franches et complètes pourraient peut-être amorcer un processus de réparation bien tardif. Ils ont été nombreux à tenter de le raisonner au cours des derniers jours. Presque tous des gens opposés au projet de loi 21, comme lui, ils lui ont expliqué qu’il s’était déshonoré et qu’il nuisait en plus à leur cause.

Buté, aveuglé

Ils ont gaspillé leur salive. Il n’entend rien et répète ses inepties à la façon d’un taureau aveuglé qui fonce tête baissée dans la muleta rouge du matador. Cet état d’esprit déplorable s’explique-t-il par la colère d’un vif opposant à une loi ? Par un manque de recul historique ? Par l’orgueil de ne pas vouloir reculer et perdre la face ?

Malheureusement, je crois qu’il y a plus. J’aurais été curieux d’entendre les réflexions et commentaires de l’individu le soir de l’élection de la CAQ. Sa pensée sur la CAQ, qui venait d’obtenir une majorité de sièges. Sa pensée sur les Québécois qui ont choisi d’élire ce gouvernement. Peut-être que les yeux nous plisseraient et que les oreilles nous friseraient...

Le maire d’Hampstead vit en anglais dans l’ouest de Montréal. Ce n’est pas un reproche, mais un constat. Il appartient à une minorité dont le rôle est indissociable de la vie du Québec depuis des siècles. Il appartient aussi à une partie du Québec qui doit avoir le sentiment d’avoir vu le pouvoir lui glisser entre les mains.

Le pouvoir du West Island

Avant l’élection de la CAQ, le pouvoir concentré dans l’Ouest-de-l’Île (le West Island pour les intimes) dépassait tout entendement. À moins d’une demi-heure de chez lui, le maire de Hampstead avait le ministre des Finances, le président du Conseil du trésor, la ministre de l’Enseignement supérieur et la ministre de l’Économie.

Je commence à peine. La ministre de l’Environnement, le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, le ministre de la Sécurité publique et des Affaires municipales, le ministre des Affaires autochtones, la ministre de la Culture, la ministre des Relations internationales.

Ce n’est pas tout. Il y avait aussi dans ce rayon la responsable du nouveau ministère des Relations avec les Québécois d’expression anglaise, un nouveau poste créé en 2017. Comble de l’ironie, même le ministère des Régions se trouvait sous la gouverne d’un élu de l’ouest de Montréal, Martin Coiteux !

Une concentration du pouvoir démesurée pour le West Island ! Certains s’y étaient habitués et tenaient pour acquis que le Parti libéral était indélogeable du pouvoir. Le 1er octobre, les choses ont basculé. Démocratiquement.

Je crois que William Steinberg hurle sa frustration de ne plus se sentir si collé au pouvoir. Il est convaincu que la situation normale était celle d’avant. Et vous ?