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Les Bad Boys du rire : Quand l’entrepreneuriat et la diversité culturelle se rencontrent

Les Bad Boys du rire : Quand l’entrepreneuriat et la diversité culturelle se rencontrent
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Est-ce que le paysage culturel québécois souffre d’un manque de diversité? Fort probablement.

N’étant pas du genre à patienter que les choses bougent d’elles-mêmes et flairant un potentiel d’affaires, le producteur de spectacle Renzel Dashington a mis sur pied «Les Bad Boys du rire».

Depuis 2017, ces soirées de stand-up proposent un humour plus «métissé», en marge du courant populaire.

Et ça pogne!

Présenter un humour différent, mais 100 % québécois

De Deschamps et Dodo jusqu’à Matte, le Québec a entretenu une tradition d’affirmation identitaire par ses grands comiques. Au-delà des fous rires, leurs observations nous ont permis de mieux nous comprendre et même d’exorciser certains complexes.     

Or, si des Kavanagh et Badouri y ont injecté un peu de couleur au fil du temps, l’industrie de l’humour demeure relativement homogène. Une portion du public et des artistes aux souches diverses se retrouvent mal desservis ou tout simplement ignorés.   

«C’est en voyant le succès de Sugar Sammy que j’ai réalisé l’existence d’un marché peu sollicité, désireux de consommer un humour qui lui ressemble et qui interpelle ses expériences et ses références», explique Renzel.

Renzel Dashington
courtoisie Bad Boys du rire
Renzel Dashington

Pour l’homme d’affaires qui a agi à titre de gérant du chanteur Corneille à ses débuts, c’est là une autre opportunité de promouvoir un produit culturel différent, mais bien québécois.

En février, j’ai assisté à la première de NWAR, une série de spectacles présentée par les Bad Boys dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs. Pendant deux heures, une dizaine d’humoristes méconnus du grand public ont déridé une salle bondée d’Antillais, d’Africains, d’Arabes, de Latinos et de «pure laine».

Le fil conducteur de la soirée ne reposait pas nécessairement sur l’ethnicité, mais plutôt sur un vécu commun, partagé par cette génération de Québécois ayant grandi à la croisée d’une multitude de cultures et d’influences.

Au menu : des jokes sur le hockey, la bouffe halal, le «frette» hivernal, la discrimination, le 450, les centres d’appel, l’amour à l’ère Tinder et l’adoption d’expressions créoles par les jeunes souffrant d'une carence en mélanine. (des Blancs!)

Renzel (derrière au milieu) avec d'autres membres des Bad Boys du rire
courtoisie Bad Boys du rire
Renzel (derrière au milieu) avec d'autres membres des Bad Boys du rire

«Si on a pour mission d’offrir un micro à des humoristes issus des communautés ethniques, les Bad Boys auraient été une plateforme idéale pour un gars comme Mike Ward il y a 15 ans. On a eu une fille originaire du Saguenay, puis elle fit parfaitement dans notre concept.» 

Il en profite d'ailleurs pour inviter plus de filles à se joindre au groupe. 

Faire rayonner la relève du Québec

Le circuit des bars et des salles aux quatre coins de la province est généralement un passage obligatoire avant d’atteindre les «ligues majeures». Renzel aspire pourtant à autre chose pour sa troupe composée d’une vingtaine d’humoristes.

En plus des spectacles bimensuels à Montréal et ses banlieues, il prépare une tournée européenne pour l’été 2019. Il explore aussi la possibilité de se rendre en Afrique francophone.

Jean-Michel Elie, un des humoristes les plus efficaces de la troupe.
courtoisie Bad Boys du rire
Jean-Michel Elie, un des humoristes les plus efficaces de la troupe.

Mais, est-ce que le succès des Bad Boys pourra «s’exporter» dans le 418 et le 819?

Si Renzel concède que lui et ses comparses doivent parfois adapter leurs numéros lorsqu’ils font face à un auditoire plus grand public, il est persuadé que certains d’entre eux deviendront des incontournables des galas d’humour.

«Je m’inspire beaucoup des pionniers du hip-hop qui ont créé une culture populaire sans l’aide de l’industrie musicale. On n’est pas là en attendant que Juste pour rire vienne nous recruter. Éventuellement, notre style d’humour va parvenir à susciter l’intérêt du grand public. Mais d’ici là, on va prendre les moyens pour s’autosuffire.» 

Preach, un des visages les plus connus de la troupe.
courtoisie Bad Boys du rire
Preach, un des visages les plus connus de la troupe.

Renzel n’est pas le seul entrepreneur à miser gros sur le besoin criant de diversité dans le milieu, et c'est tant mieux.

La multiplication de ces initiatives enthousiastes et résolues suffira-t-elle pour changer le visage du divertissement au Québec?

Je l'espère!


Le prochain spetacle des Bad Boys du rire est le 21 avril au Ausgang Plaza.

Pour plus d'infos et les dates de spectacle, consultez leur page Facebook.

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