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Mis hors de combat par le docteur

Jesse Ronson n’a pu monter dans l’octogone hier, la Régie des alcools, des courses et des jeux ayant décelé une infection cutanée chez le combattant.
Photo Chantal Poirier Jesse Ronson n’a pu monter dans l’octogone hier, la Régie des alcools, des courses et des jeux ayant décelé une infection cutanée chez le combattant.

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Jesse Ronson, celui qui devait se battre contre Charles Jourdain en finale hier soir au gala TKO, a été mis knock-out...

Par le docteur de la Régie des alcools, des courses et des jeux. Mis hors de combat vers 2 heures hier après-midi.

L’histoire a débuté il y a deux mois.

« Comme c’est la norme, le clan Ronson nous a fait parvenir les certificats médicaux de l’athlète. Prises de sang, examen général, scan ou résonance magnétique du cerveau, tout le nécessaire », expliquait hier le patron des sports de combat, Michel Hamelin.

Donc, comme ça avait été le cas avec Lina Tejada, la Régie a accepté les documents en se réservant le droit habituel de reprendre les examens avec ses propres médecins.

Combat annulé

Donc, mercredi, avant la pesée, le médecin de la Régie a noté une infection cutanée sur le corps de Ronson.

Hamelin a prévenu le promoteur Stéphane Patry qu’on avait demandé à Ronson de se soumettre à des tests médicaux supplémentaires.

Les résultats sont arrivés hier vers midi. La condition de Ronson ne permettait pas de garantir la pleine sécurité des combattants dans l’octogone. Le combat était annulé. Aussi simple que ça.

Y a au moins une place au Québec où les décisions se prennent, c’est à la Régie des alcools, des courses et des jeux. Pas de niaisage.

Mais Stéphane Patry se retrouvait avec un fichu problème sur les bras. Les fans voulaient voir Charles Jourdain, l’UFC voulait le phénomène québécois en action et il n’y avait plus d’opposant à lui offrir.

« J’avais une solution pour ce cas d’urgence. Je ferais un malheureux mais Damien Lapinus, un 155 livres comme Ronson, se battait en soirée contre Michaël Dufort. Lapinus est un combattant expérimenté et crédible. On pouvait présenter un combat pour un titre intérimaire. Les fans seraient satisfaits comme l’UFC, c’était mieux que rien », expliquait Patry pendant la soirée.

Le vrai perdant

Patry était perturbé par ces incidents. TKO n’a pas été épargnée par les blessures en 2019.

« J’ai dû annuler le gala du 14 mars au Centre Vidéotron parce que 17 de mes combattants pour la soirée souffraient d’une blessure. Et là, pour la première fois en 20 ans, je suis forcé de changer une finale à la dernière minute », de dire Patry.

Deux hommes étaient encore plus déçus que le promoteur. Alain Dufort, le père de Michaël, qui perdait son adversaire et son combat, était à la fois furieux et peiné de ce qui arrivait à son fils.

« C’est pas normal que mon gars soit celui qui perde tout dans l’histoire. Il n’a plus de combat et pourtant, on a vendu pour 8000 $ de tickets pour le gala », a-t-il expliqué en contenant mal sa colère.

Stéphane Patry est conscient de l’injustice subie par Dufort.

« D’abord, 8000 $ de billets, c’est pas mal exagéré. Mais surtout, Michaël va toucher sa bourse complète pour le combat plus une compensation pour sa malchance. En plus, il va faire partie de la carte du 24 mai à Gatineau. Ce n’est pas l’idéal comme solution, mais c’est quand même correct », de dire le promoteur.

Des sports dangereux

Les arts martiaux mixtes et la boxe sont des sports dangereux, soulignait le docteur Marc Gagné, de la Régie. Il a raison.

Ces deux dernières années, on a vu une finale impliquant David Lemieux être annulée à cause d’un problème de poids. Puis, la défense de son titre par Marie-Ève Dicaire a été sabotée par l’état des yeux de Lina Tajeda.

Et voilà que deux semaines plus tard, Jesse Ronson se voit retourner chez lui pour un problème de santé.

Personne ne peut lancer de pierres dans la cour du compétiteur...

Une ambiance d’enfer

C’est une foule totalement différente de celle de la boxe. Une foule de passionnés qui n’arrêtent pas de manifester et de crier de toute la soirée.

En fait, c’est un extraordinaire bain de monde. Qui m’a rappelé les grandes soirées de Régis Lévesque au Centre Paul-Sauvé.

Des gars en t-shirt, des filles... en t-shirt, un peu de bijoux, des montagnes et des vallées, des combattants qui viennent rencontrer les fans entre les combats, un univers.

Rien à voir à ce qu’on va vivre samedi soir au Casino de Montréal avec Marie-Ève Dicaire. D’ailleurs, les fans de la MMA aiment bien Marie-Ève Dicaire, qu’ils trouvent télégénique et gentille. Mais ses combats ne suscitent aucun intérêt chez eux. En tous les cas, pour les neuf fans à qui j’ai posé la question.

Dans le fond, c’est non seulement un autre sport, c’est un autre univers.