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Séries éliminatoires: surprise, surprise, surprise...

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Photo AFP Jordan Binnington a tenu en échec les gros canons des Jets, lors du premier match de la série. Il a notamment stoppé Bryan Little sur cette séquence.

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Le Lightning qui, à domicile, se fait remonter et perd 4 à 3 face aux Blue Jackets et un tout souriant John Tortorella.

Les Jets qui, devant un auditoire tout en blanc, accordent deux buts aux Blues de St. Louis en troisième période et, comme le Lightning, perdent l’important premier match à domicile.

À Nashville, les Predators ont joué quelques mauvaises notes et les Stars, une équipe ayant dans ses rangs un patineur que vous connaissez bien, Alexander Radulov, ont pris les devants 1-0 dans la série.

Surprise, surprise, surprise.

Peut-on considérer la défaite des Penguins en bris d’égalité comme une surprise de taille causée par les Islanders de New York ? Pourquoi pas ? Après tout, sur papier, les Penguins n’ont-ils pas une équipe plus talentueuse ?

Que les Sharks aient gagné leur premier match, à San Jose, par surcroît, se veut un résultat logique.

La première ronde des séries éliminatoires est sans doute la plus captivante parce que, en cours de route, les surprises vont se multiplier. Quatre bonnes formations, celles ayant terminé au deuxième ou troisième rang de leur division respective vont ranger les équipements.

Et il y a la parité.

Comme le soulignait Julien BriseBois, à l’émission JiC, mercredi, 90 minutes avant le premier match contre Columbus, « les statistiques de la saison régulière sont effacées. Elles ont disparu avec le début du tournoi printanier. Elles serviront comme points de référence, mais dans la réalité, tout le monde repart à zéro ».

Et comment !

On croit que les meilleurs effectifs sauront prendre leurs responsabilités, mais ce n’est pas toujours évident quand on affronte le même adversaire sur une période de 14 jours.

Un gardien en grande forme

Et s’il y a une probabilité qu’on craint le plus, à l’ouverture des séries, c’est d’affronter une équipe gonflée à bloc parce qu’elle mise sur un gardien ayant changé la donne au cours des dernières semaines du calendrier régulier.

Sergei Bobrovsky a été spectaculaire pour les Blue Jackets lors de cette course éreintante avec le Canadien pour une qualification aux séries.

Il y a un autre nom qui attire l’attention, et c’est celui de Jordan Binnington, ce gardien de 24 ans, qui a abouti à St. Louis en raison d’un concours de circonstances.

En 2017, il ne cadrait pas dans les plans de l’organisation au point où on ne savait pas s’il y avait de la place pour lui avec la formation du Rampage de San Antonio, le club-école des Blues dans la Ligue américaine.

Le directeur général, Doug Armstrong, reconnaît qu’il a songé à la East Coast League, mais finalement, après quelques appels à des homologues de la Ligue nationale, les Bruins de Boston, ont permis à Binnington de poursuivre sa carrière à Providence.

« On lui a proposé un ou deux matchs par semaine, raconte Armstrong, et je comprenais très bien qu’on ait voulu donner plus de temps d’utilisation aux gardiens de l’organisation des Bruins. Au moins, Jordan pouvait évoluer dans la Ligue américaine. »

Cet automne, au camp d’entraînement, Binnington s’est accroché à son désir de réussir. Ville Husso était considéré comme le gardien d’avenir de l’organisation.

La chance des Blues

Puis, en janvier, après des changements survenus en novembre au niveau des entraîneurs, les Blues ont décidé d’apporter quelques modifications à leur système de gardiens. Husso était le gardien ciblé... mais au moment du rappel, il était sur la liste des blessés.

Binnington s’est amené rempli d’espoir de faire le grand saut.

Il a remporté 25 victoires, a conservé une moyenne de 1,89 et enregistré cinq jeux blancs. Les Blues, qui occupaient le dernier rang au classement le 3 janvier, ont terminé avec 99 points.

Pourrait-il répéter les exploits de Patrick Roy qui, à sa première saison, mena le Canadien à la conquête de la coupe Stanley ?

Ces gardiens de première année peuvent-ils renverser toutes les prédictions comme l’ont fait Ken Dryden, Antti Niemi, oui Niemi en 2009-2010 avec les Blackhawks de Chicago,

Matt Murray avec les Penguins de Pittsburgh ? Des gardiens qui ont défié la théorie qu’un gardien expérimenté et de haut niveau était essentiel à la conquête de la coupe Stanley.

La parité

Que les premiers résultats des séries éliminatoires soient carrément le reflet de la parité est plus en évidence que jamais dans l’univers de la Ligue nationale. Ils donnent encore plus de poids aux objectifs de toutes les équipes de la Ligue.

« Pensons en premier lieu à obtenir un laissez-passer pour les séries éliminatoires et, par la suite, tout est possible. »

Des surprises, il y en aura d’autres de taille. La première ronde est toujours la plus imprévisible...