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Un diamant à polir en Géorgie

Josh Brewer travaillera avec la Québécoise Céleste Dao dès septembre

Céleste Dao
Photo Pierre-Paul Poulin Céleste Dao

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ATHENS | Josh Brewer ne peut même pas se vanter d’avoir trouvé un diamant. Il lui est tombé dans les mains il y a quelques années. Dès septembre prochain, il polira le jeu de la golfeuse québécoise Céleste Dao chez les Bulldogs de l’Université de la Géorgie.

C’était en 2015. En route vers le sud des États-Unis dans un périple familial, Duc Dao avait fait un crochet vers Athens, située au centre de la Géorgie, pour cogner à la porte du bureau de Brewer. Ce n’était pas le fruit du hasard. Le paternel avait prévu le détour afin que sa fille, alors âgée de 14 ans, puisse contempler les installations sportives, le campus. Rêver du futur, de la vie d’étudiante dans une réputée université américaine.

L’entraîneur les avait donc accueillis à bras ouverts et leur avait offert le tour du propriétaire.

Le pavillon Boyd réservé exclusivement aux Bulldogs rénové au coût de 4 M$ en 2018.
Photo François-David Rouleau
Le pavillon Boyd réservé exclusivement aux Bulldogs rénové au coût de 4 M$ en 2018.

« J’aimerais bien dire que je suis très intelligent, mais elle est tombée dans mes bras », relate Brewer avec humour lorsque Le Journal est allé à sa rencontre à Athens cette semaine.

« Je ne les attendais pas du tout. Quand une situation pareille survient, je me fais toujours un honneur de présenter notre programme et nos installations, a enchaîné celui qui doit être vigilant aux règles de recrutement de la NCAA. La famille Dao est restée un moment. Le premier contact était établi. Les personnalités étaient compatibles. »

Le gymnase exclusif aux Bulldogs est énorme dans un pavillon ayant coûté plusieurs millions de dollars.
Photo François-David Rouleau
Le gymnase exclusif aux Bulldogs est énorme dans un pavillon ayant coûté plusieurs millions de dollars.

Céleste était abasourdie. Cette visite lui avait ouvert les yeux. Elle était tombée en amour avec les installations tandis qu’elle avait fondé les bases de sa relation avec l’entraîneur.

« En observant l’université, je savais que je pouvais obtenir une chance. Si je travaillais fort, j’y avais ma place, raconte la jeune golfeuse de 18 ans en entrevue téléphone depuis Victoria, en Colombie-Britannique. C’est ce que j’ai fait. Je n’ai jamais rien tenu pour acquis, mais l’objectif était à ma portée. »

Le Sanford Stadium situé au cœur du campus de l’Université accueille plus de 92 700 spectateurs.
Photo François-David Rouleau
Le Sanford Stadium situé au cœur du campus de l’Université accueille plus de 92 700 spectateurs.

Flair

Avec ses antécédents de golfeur élite chez les Hoosiers de l’Université d’Indiana et ses différents titres d’instructeur en Indiana et en Californie, Brewer avait flairé un pur talent. Il a donc suivi les prouesses de la Québécoise dans les semaines suivant sa rencontre. Puis les mois, les années.

« Je voyais le potentiel. Elle a progressé et affiché d’excellents résultats. Quand on observe un golfeur du Canada, il faut toujours tenir compte qu’il ne joue pas une partie de l’année en raison de l’hiver. J’ai cru en son talent. Il fallait s’asseoir et déposer une bonne offre pour l’attirer chez nous », a indiqué celui qui veut diriger des filles montrant la volonté de joindre les circuits professionnels.

Sous sa férule, il guide plusieurs golfeuses internationales. L’an prochain, il guidera l’Italienne Caterina Don et Yuka Saso. Celle-ci a pris le troisième rang au Championnat amateur féminin du Augusta National, la semaine dernière.

Le parcours à normale 72, long de 7260 verges, a même son propre Amen Corner.
Photo François-David Rouleau
Le parcours à normale 72, long de 7260 verges, a même son propre Amen Corner.

Sur les traces d’une grande

Après avoir visité plusieurs institutions telles qu’Auburn, en Alabama, Dao a fait son choix en novembre dernier. Elle a posé sa griffe au bas d’une entente lui octroyant une bourse complète en Géorgie d’une valeur d’environ 50 000 $ par année. Elle sera la deuxième Canadienne à porter les couleurs des Bulldogs après Laura Henderson, qui avait participé à la conquête du championnat national de la NCAA en 2001.

Les installations sportives et académiques ainsi que sa connexion avec Brewer ont pesé dans la balance. Elle sera bien servie dans la division sud-est de la NCAA. Les Bulldogs s’arrachent souvent la victoire avec les Gators de l’Université de la Floride.

L’entraîneur de l’équipe féminine, Josh Brewer.
Photo François-David Rouleau
L’entraîneur de l’équipe féminine, Josh Brewer.

La Québécoise profitera d’installations à la fine pointe de la technologie alors qu’elle s’élancera sur le parcours de golf de l’Université de la Géorgie, théâtre de plusieurs grands championnats collégiaux et tournois professionnels.

Elle élira aussi domicile au nouveau pavillon, réservé exclusivement aux formations féminines et masculines des Bulldogs, récemment rénové au coût de 4,3 millions de dollars. Dans leurs quartiers généraux, les vestiaires sont une réplique du vestiaire des champions au Augusta National.

Le vestiaire est une réplique de celui des Champions au second étage du pavillon du Augusta National.
Photo François-David Rouleau
Le vestiaire est une réplique de celui des Champions au second étage du pavillon du Augusta National.

Beaucoup de trophées

On y retrouve aussi la somptueuse salle des trophées où sont exposées les principales pièces remportées au fil du temps chez les femmes : 93 victoires d’équipe, 11 titres de conférence et un championnat national de la NCAA. Le programme masculin est tout autant décoré. D’anciens porte-couleurs ont également fait don de trophées remportés chez les pros. C’est notamment le cas de Bubba Watson, qui a offert l’un de ses deux trophées du Tournoi des Maîtres.

Les athlètes des Bulldogs ont accès à une énorme salle d’entraînement qui leur est spécialement destinée. Pour les besoins académiques, ils sont rassemblés sous un seul pavillon sur le campus.

« C’est une véritable course dans tous les collèges. Les athlètes recherchent les meilleures installations. Je mets n’importe qui au défi de trouver mieux que les nôtres, a énoncé Brewer. Le pire, c’est qu’il faudra les améliorer d’ici cinq ans, car nos rivaux voudront nous dépasser. »

Les Bulldogs en chiffres

  • Équipe féminine fondée en 1967
  • 3 titres nationaux NCAA (individuels)
  • 1 titre national NCAA (en équipe)
  • 11 titres de conférence SEC
  • 55 honneurs nationaux
  • 20 titres individuels à travers le monde