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La bouillie du 1%

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L’Institut du Québec vient de publier un excellent rapport sur la mobilité sociale au Québec. Constat : plus de 72 % des jeunes ayant grandi en situation de pauvreté auront dans leur vie accès à la classe moyenne ou riche. En somme, la pauvreté n’est pas une fatalité et la pauvreté des parents ne représente pas une condamnation pour leurs enfants. Il s’agit d’une bonne nouvelle... sauf pour la gauche.

Ceux qui, à toutes les époques, ont promu des politiques socialistes ont joué sur la jalousie envers les gens plus riches. Ces dernières années, ils ont imaginé le concept du 1 % pour parler des plus hauts revenus et dénoncer les politiques qui provoqueraient cette « injustice ». Leur succès a moussé la gauche plus radicale.

Ce concept du 1 % constitue une absurdité en soi. Il existe forcément dans chaque pays le 1 % des gens les plus riches, le 1 % des gens les plus grands, les plus lourds ou le 1 % de ceux qui courent le plus vite. Vraiment une fausse question.

Discussion sérieuse

Pour quiconque veut parler sérieusement de pauvreté et d’égalité des chances, il faut regarder les données sur la mobilité sociale. La façon la plus simple de résumer le concept de mobilité sociale est cette question : est-ce que les enfants des classes plus pauvres ont une chance réelle de monter dans l’échelle sociale ?

Logiquement, si des gens des classes pauvres ou de la classe moyenne accèdent au sommet de l’échelle, certains de ceux qui s’y trouvaient vont perdre leur place. Ça bouge dans les deux sens, et c’est sain.

Les discours qui présentent les riches et les pauvres comme deux groupes fixes et distincts qui s’opposent sont payants politiquement pour la gauche, mais faux. Ils ne s’appuient pas sur la réalité. Les pauvres peuvent s’enrichir, et vice versa. Tous les espoirs sont permis pour un jeune qui étudie et travaille fort, et il faut lui dire.

Sortir de la pauvreté

Le tapage autour du 1 % avait amené des économistes américains à se demander « qui est ce 1 % ? » Le professeur Tom Hirschl de l’Université Cornell s’était minutieusement penché sur la question, pour découvrir qu’il y a là aussi pas mal de mobilité.

D’abord, 12 % de tous les Américains se retrouveront dans le 1 % pour au moins une année dans leur vie. Parmi ceux qui font partie du 1 % à un moment donné, il n’y en a qu’un sur 160 qui se sera maintenu dans cette élite dix ans plus tard. En résumé, un manifestant qui dénonce le supposé 1 % sur sa pancarte parle d’un groupe qui n’est jamais le même d’une année à l’autre.

En fait, 70 % des travailleurs américains feront partie à un moment ou l’autre de leur vie du 20 % des plus riches. Si vous criez contre les riches, vous les visez tous.

Contrairement aux prétentions socialistes, la mobilité sociale existe, et ce ne sont pas des impôts assommants qui l’améliorent. La vraie égalité des chances passe par d’autres actions, notamment par de bonnes écoles.