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Colin Hunter: Le jazz qui donne des ailes

Colin Hunter
Photo Pierre-Paul Poulin Colin Hunter

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À entendre Colin Hunter pousser la note avec légèreté sur Can’t Take My Eyes Off You, on jurerait qu’il a fait ça toute sa vie.

En cette fin d’après-midi de printemps, la Maison de Jazz de Laval est vide, exception faite des quatre musiciens qui participent au test de son du crooner de 80 ans. Car dans quelques heures, Colin Hunter offrira son répertoire essentiellement composé de standards jazz des années 1950 aux 180 personnes qui investiront l’établissement. Le lendemain, il répétera l’exercice à Montréal.

Sur scène, sa voix est juste et assurée. Et quand il s’assoit pour répondre aux questions du Journal, il semble cool et relax. « Avec le temps, j’ai appris à gérer mes nerfs, indique l’amateur de Frank Sinatra, Nat King Cole et Tony Bennett. C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Plus tu fais quelque chose, plus c’est facile. »

Il faut dire que Colin Hunter en a vu d’autres. À titre de président-fondateur, président du conseil d’administration et propriétaire du Groupe de voyage Sunwing, l’une des plus importantes compagnies aériennes en Amérique du Nord, il connaît la pression. La musique, c’est son moyen privilégié pour décrocher, particulièrement depuis 2005, c’est-à-dire depuis qu’il a réalisé un rêve de longue date en enregistrant son premier album. Fruit d’une collaboration avec The Starlight Orchestra, un ensemble de 16 musiciens, le disque s’intitulait (judicieusement) Come Fly With Me. Et comme tout bon jeu de mots ne vient jamais seul, la carrière musicale du businessman a décollé.

Ambition

De nature ambitieuse, Colin Hunter a lancé plusieurs opus au cours des années suivantes. En 2013, il a également fondé – avec son épouse Joan – le Jazz Bistro, un restaurant-club de jazz situé en plein cœur du quartier des spectacles de Toronto.

« Je n’ai pas peur de grand-chose, dit le Canadien d’origine indienne. J’avais une mère qui m’encourageait à accepter les défis, à sortir des sentiers battus... J’ai grandi avec cette mentalité. »

Bien qu’au premier abord, les milieux des affaires et culturels semblent être différents en tous points, Colin Hunter leur trouve quelques ressemblances.

« Pour obtenir du succès en affaires, il faut être persévérant. C’est la même chose en musique. Si vous abandonnez rapidement, vous n’irez pas loin. Si vous travaillez fort, tous les espoirs sont permis. »

La retraite ? Jamais

Bien qu’il ait confié les rênes de l’entreprise à son fils, Colin Hunter continue de tenir un rôle important chez Sunwing. Il rentre travailler chaque matin, même quand il s’est produit sur scène la veille.

Son manager prétend qu’il arrive au bureau à 7 h 30, quelles que soient les circonstances, mais Colin Hunter parle d’exagération. « Je dirais plutôt 9 h ou 9 h 30... selon le trafic. »

Colin Hunter, 80 ans

  • Président-fondateur de Sunwing
  • Chanteur de jazz