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Les opticiens doivent composer avec le web

Deux Cours d’appel donnent raison à des acteurs comme Clearly et BonLook qui chambardent le secteur

bloc opticien lunette
Photo Adobe Stock Des entreprises jadis présentes uniquement sur internet ont ouvert des commerces où l’on peut essayer les montures et recevoir des services. 

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Le lucratif marché des lunettes n’échappe pas aux bouleversements numériques. Alors que les Québécois se tournent de plus en plus vers le web pour leurs lentilles et montures, un jugement vient de confirmer la légalité de cette pratique.

Comme l’a décidé la Cour d’appel du Québec avant elle, la Cour d’appel de l’Ontario conclut que rien n’empêche des détaillants en ligne, comme Clearly ou la Québécoise BonLook, d’offrir des produits et services d’optique sur le web aux Canadiens. Dans un marché évalué à quelque 4,5 milliards $ à l’échelle du pays, l’impact est considérable.

« Notre présence n’est plus contestée, ça valide notre modèle d’affaires. [...] De plus en plus de gens se tournent vers internet pour l’éventail de choix, et aussi pour le prix », affirme en entrevue au Journal le PDG de Clearly.ca, Arnaud Bussières. Clearly est une filiale de la Française Essilor, qui a son siège social canadien au Québec, mais dont les opérations en ligne sont basées à Vancouver.

La popularité grandissante de ces sites — environ 15 % des ventes réalisées au Québec se font aujourd’hui en ligne, selon l’Ordre des opticiens — soulève toutefois de nombreuses questions pour la profession. Et la force à s’adapter.

« On veut que tout le monde joue selon les mêmes règles », affirme le président de l’Ordre des optométristes, Éric Poulin.

La clientèle a quelquefois l’impression que les prix sont nettement inférieurs sur internet. C’est souvent en raison de la qualité des montures ou des soins offerts que la facture en magasin physique s’avère plus élevée, et pour cause, soutient-il.

« Un optométriste a comme responsabilité de protéger le public [...] On ne peut pas tout faire en ligne », dit-il.

Offre revue

Porte-parole de l’Association des optométristes du Québec, Langis Michaud se fait réaliste. « Le commerce électronique est là pour de bon. Comme professionnel, il ne faut pas le voir comme une menace, mais comme une opportunité de développement des affaires. »

Des opticiens québécois, comme New Look, se sont lancés dans la vente en ligne.
Photo Martin Chevalier
Des opticiens québécois, comme New Look, se sont lancés dans la vente en ligne.

Cette vision est partagée par M. Bussières : l’avenir se situe dans un modèle hybride, « en ligne et en personne, pour le service et pour toucher ».

Ainsi, plusieurs joueurs traditionnels, comme New Look, se sont lancés dans la vente en ligne, avec un certain succès.

Si la question du prix est un facteur déterminant pour l’acheteur, c’est aux opticiens et optométristes d’offrir des produits plus abordables, selon le Dr Michaud.