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L’impératif droit à la dissociation

Pour l’amour de [n’importe quel ou d’aucun] Dieu, un peu de civisme!

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Les Québécois dits de souche et les Québécois de toutes les origines ont, parmi bien d’autres choses, un grand point commun : de petits groupes de fous furieux, qui se revendiquent respectivement de nous et qui prétendent agir pour le bien de notre intégrité culturelle, nous font une presse monstrueuse qui ne cesse d’envenimer dangereusement le climat social.   

  

Je n’ai fait aucun mystère sur mon heureux sentiment concernant le projet de loi 21. Pourtant, j’ai beau être une laïcarde convaincue (bien que je ne nourrisse pas de haine anti-cléricale pour autant), je ne peux pas cautionner ceux qui s’attaquent comme des bêtes enragées aux opposants de la laïcité, furent-ils modérés et réfléchis ou arrogants et intégristes. Ça ne fait aucune importance, parce que c’est antidémocratique, déjà, et qu’à combattre le feu par le feu, on finit juste par tout brûler. Je ne peux pas cautionner, enfin, parce que c’est profondément antihumaniste.   

  

Rien, absolument rien , que ce soit d’un côté ou de l’autre, ne justifie que l’on souhaite à quelqu’un d’être « brûlé vif », d’être « décapité » ou d’être « violé par des chiens ». Parce qu’aucune vie n’a moins de valeur qu’une autre. Si on ne s'entend pas là-dessus, c'est vers nulle part qu'on s'en va. Un nulle part très laid.   

  

Pour l’amour de [n’importe quel ou d’aucun] Dieu, un peu de civisme!   

  

Je crois que le Québec et les Québécois, de toutes origines et de toutes confessions, doivent impérativement se doter du même droit à la dissociation collective qu’a autrement n’importe quel individu, groupe, parti ou entreprise en société.   

  

Personne ne devrait avoir à prendre sur lui ou sur sa culture la honte, l’ignominie et l’indécence bestiale de ces forcenés.  

  

Plus on avance dans le chapitre, plus je me rends compte que les seuls qui veulent vraiment en venir aux mains et qui comptent les dodos avant que ça ne dérape définitivement, ce sont ces extrémistes assoiffés de violence qui, même si très équitablement répartis entre nous, semblent résolument travailler ensemble contre les intérêts du Québec.  

  

Nos ampoules brûlées vous présentent tous comme des terroristes sanguinaires et conquérants, qui complotent pour prendre le pouvoir et imposer la charia, et vos hystériques nous dépeignent tous comme des fascistes suprématistes catho-blancs-nazis qui entendent bien vous bouter hors du pays à la première occasion. 

 

Pendant ce temps, nous sommes là, pris au piège dans la gadoue infecte du no man’s land. Je dis qu’il y en a marre des extrêmes où la réflexion est considérée comme une malformation de la foi et de l’ardeur. Qu'il y en a marre que chaque esclandre soit récupéré par les uns et les autres pour mieux se donner raison de frapper plus fort et ainsi de suite.  

  

Toutefois, il ne s’agit pas de s’assouplir là où, plus que jamais, nous devons être fermes, car le danger de dérapage est très réel et il ne disparaîtra pas juste en l’ignorant et en laissant tout le champ libre à ces sombres individus pour continuer de nous monter les uns contre les autres. Nous l’avons trop fait déjà et c’est ce qui a accouché de ce climat toxique. C’est ce qui a su accorder de l’autorité et du crédit à qui ne devrait pas régir plus qu’une plante verte.  

  

C’est pourquoi nous devons nous unir pour défendre tous les gens derrière, car ce sont traditionnellement toujours les premiers à payer pour ces vieux délires stériles qu’on a déjà vu et revu sur des milliers d'annnées et qui filent la gerbe juste à y penser. Ces gens, ces humains, c’est vous, c’est moi, c’est nous tous.   

  

Et vous savez quoi? C’est précisément ce que nous propose de faire la laïcité : être capable, au Québec, de se voir, de se rejoindre, de se comprendre et de vivre ensemble, en toute humanité, sur un terreau égalitaire et sécuritaire pour tous et autrement que dans un rapport de force religieuse, quelle qu’elle soit. C'est le seul moyen d'opérer un véritable partage des cultures et la grande rencontre entre nous. Il me semble que c'est ça qu'on veut tous, non?   

  

Alors, n’ayons pas peur de nous dissocier ouvertement et éloquemment de ces ténors de la bêtise. Valorisons notre sensibilité, notre sens moral et notre bienveillance, car c'est ce qui est vraiment digne d'être à l'image de tout individu qui se dit Québécois en sachant réellement ce que ça veut dire. Nos instincts nous somment de nous rejoindre et nous assurent que nous avons tout à gagner à le faire vraiment et avec sincérité. Mais pour y arriver, il nous faut d'abord et vite disqualifier de nos esprits et de nos coeurs ceux qui travaillent d’arrache-pied à ce qu’on en vienne à se sauter à la gorge.