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Ma vie en films – Philippe Lesage: vouloir être Spielberg à sept ans!

Ma vie en films – Philippe Lesage: vouloir être Spielberg à sept ans!
Photo AFP

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Philippe Lesage, le réalisateur de Genèse, actuellement en salle, remonte aux sources de son amour du septième art...

Philippe, quel est votre premier souvenir d’une salle de cinéma?

Ce n’est pas tout à fait clair, mais je me souviens de salles de cinéma au centre-ville de Montréal qui ont nourri ma cinéphilie précoce comme le Loew’s, L’Égyptien et le cinéma du Faubourg Sainte-Catherine. J’avais 12 ans quand j’allais passer mes après-midi là-bas et je passais clandestinement d’une séance à l’autre.

Le premier film qui vous a durablement marqué?

E.T. l’extraterrestre, quand j’avais sept ans. Je suis sorti du cinéma et j’ai dit à mes parents que je voulais devenir réalisateur. Ce n’était pas l’extraterrestre qui m’intéressait, mais Steven Spielberg, le barbu qui faisait des films sur lesquels je capotais! C’est un privilège de savoir quelle est sa vocation très jeune. En même temps, je n’aurais pas pu faire autre chose.

Un film récent qui vous a marqué?

C’est comme si j’étais devenu un spectateur un peu plus blasé ces dernières années. Je suis plus excité par le fait de faire des films que par le fait d’en voir, ce qui est une bonne chose. Mais ça m’arrive quand même souvent d’aimer des films. L’an dernier, j’ai vu Margaret de Kenneth Lonergan, le réalisateur de Manchester by the Sea. Margaret n’est jamais sorti, ça dure trois heures... J’ai trouvé ça super bon! Dans les contemporains, j’ai un faible pour les réalisatrices comme Sofia Coppola ou, en France, Mia Hansen-Løve, dont j’aime beaucoup les films.

Un film dans lequel vous aimeriez vivre?

J’ai tellement aimé l’ambiance et l’univers du Parrain quand j’étais jeune que j’y ferais peut-être un court passage en tant que fils rebelle qui voit sa famille seulement à Noël et aux mariages, et qui ferait des films à Hollywood dans les années 1950 parce que ma famille s’occuperait de mettre une tête de cheval dans le lit des producteurs! Sinon, j’irais bien dans le Paris des années 1960 et la révolution sexuelle de la Nouvelle Vague.

Votre premier kick au grand écran?

Ça peut paraître étrange, mais je me souviens d’Anne Archer dans Attraction fatale quand j’étais jeune adolescent. Elle y joue la femme trompée du personnage de Michael Douglas. Et je ne comprenais pas pourquoi il préférait Glenn Close.

La trame sonore de votre adolescence?

J’ai découvert la trame sonore de L’express de minuit de Giorgio Moroder. Je l’écoute encore de temps en temps. Toutes les trames sonores de Giorgio Moroder sont vraiment bonnes! Il y a aussi celle du Feu de la danse, dont il a composé tous les grands succès.

Avez-vous un film culte?

La maman et la putain de Jean Eustache. Là, on est dans le Paris de 1973. Il y a une qualité littéraire dans le texte! J’aime beaucoup ce film, je trouve qu’il débute avec un ton assez badin et qu'il devient tellement tragique!

Si tout était possible, quel réalisateur ou quelle réalisatrice aimeriez-vous inviter au cinéma? Et quel film iriez-vous voir?

J’aimerais inviter le fantôme d’Ingmar Bergman et lui montrer mon premier film, Les démons, dans lequel je lui fais un petit hommage. Le dernier plan ressemble beaucoup à celui des Fraises sauvages. Qu’il aime ou qu’il déteste, je serais ravi!