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Ménage du printemps au carré Viger

Mars 1961

Avant Après
Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal, VM94-Z1434-2.
Photo Chantal Poirier

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Carré Viger

Partout dans les grands parcs, les branches s’amoncellent sur le sol alors que Montréal vient d’essuyer quelques jours de chutes de verglas. Ceux qui s’affairent sur cette image sont en plein carré Viger, non loin du Vieux-Montréal. À son origine, dans les années 1860, le carré Viger fait la fierté de la bourgeoisie canadienne-française qui habite le secteur. L’élégant hôtel-gare du Canadien Pacifique y accueille les voyageurs dès 1898. Pendant un certain temps, le parc est un des rares endroits de Montréal où on peut entendre de la musique en plein air. Les passants peuvent même y respirer la rose dans des serres, qui seront déplacées au parc Lafontaine en 1889. Le développement urbain des années 1960 à 1980, et surtout l’aménagement de l’autoroute Ville-Marie à cet endroit, transforme le parc, qui a une apparence nettement plus moderne de nos jours, grâce aux installations commandées aux artistes Charles Daudelin et Claude Théberge.

Hamelin et Frères

Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal, VM94-Z1434-1.

Après la tempête, les émondeurs de la ville sont recrutés pour ramasser les branches et entretenir les arbres laissés mal en point par la glace lourde et les vents puissants. Une opération qui peut être délicate... Devant la quantité de branchages qui jonchent le sol, toutes les entreprises qui peuvent aider au transport du bois mort sont appelées en renfort ! Par exemple, Edmond Hamelin, un membre du Comité exécutif de la ville, dépêche un camion de son garage d’entretien et de voitures usagées situé rue Notre-Dame Est pour appuyer la tâche dans son secteur. L’histoire ne dit pas si l’entreprise a été payée ou si ses services ont été offerts gracieusement. Chose certaine, à voir certains visages des membres de l’équipe au travail, on devine que certains jeunes assistants ont peut-être mis de côté leurs occupations habituelles pour venir aider l’oncle Edmond !

L’école des hautes études commerciales

L’édifice qu’on devine au loin avec sa belle corniche est bien connu des chercheurs en histoire et en généalogie. Il s’agit de l’édifice Gilles-Hocquart, qui abrite de nos jours des archives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Gilles Hocquart est un des intendants de la Nouvelle-France, actif de 1731 à 1748. Dès son entrée en fonction, il a pris d’importantes mesures pour préserver les documents précieux de la colonie. Mais avant de porter ce nom illustre, l’édifice inauguré en 1910 était la propriété de l’École des hautes études commerciales, avant que celle-ci ne déménage sur la montagne, au pied de l’Université de Montréal. Les sculptures qui ornent la façade évoquent d’ailleurs Mercure et Minerve, divinités romaines associées au commerce et à l’industrie. L’École occupe les lieux jusqu’en 1970. C’est ensuite le collège Dawson qui reprend l’édifice, avant l’installation du centre d’archives actuel, en 2000.