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Stoppons le déclin du Québec inc. en bourse

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Depuis le creux boursier du 9 mars 2009, les indices boursiers IQ-30 et IQ-120 des sociétés dont le siège social est au Québec ont respectivement grimpé de 311 % et 284 %, surpassant nettement la performance de 117 % de l’indice phare de la Bourse canadienne, le S&P/TSX de Toronto.

Paradoxalement, alors que les titres québécois performent mieux en Bourse que les titres des autres sociétés canadiennes, le Québec inc. reste malheureusement sous-représenté à la Bourse de Toronto.

Sur les 906 sociétés inscrites à la cote du principal indice S&P/TSX de Toronto, à peine 87 viennent du Québec, soit un maigre 9,6 %.

Pire encore. Les sociétés québécoises inscrites à la cote de l’indice de la Bourse de croissance de Toronto, le TSX Venture, représentent seulement 6 % des entreprises cotées, soit 97 PME québécoises sur un total de 1597 entreprises.

La représentation « anorexique » du Québec à la Bourse canadienne s’avère d’autant inquiétante que le nombre de sociétés québécoises inscrites en Bourse a chuté de 24 % depuis 2013.

Au nombre des sociétés québécoises qui ont quitté la Bourse à la suite d’une privatisation... il y a notamment RONA, Groupe Canam, Lumenpulse, Mines Richmont, Tembec, HNZ, Groupe Imvescor, Groupe Jean-Coutu, NAPEC.

En contrepartie, on a eu droit à l’arrivée en Bourse de Marché GoodFood et Groupe Alithya. Sans plus.

 

LA QUESTION

Comment se fait-il que si peu d’entreprises québécoises désirent aujourd’hui s’inscrire en Bourse alors qu’elles peuvent obtenir du financement à bon compte en émettant des nouvelles actions ?

Peut-être que le manque d’intérêt pour la Bourse s’explique par l’abondance de capital de risque et de capital de développement au Québec.

Chose certaine, le Québec est très actif de ce côté-là. Le Québec, selon les données compilées par Réseau Capital, a accaparé en 2017 quelque 30 % du nombre total des transactions de capital de risque au Canada et 55 % des transactions en capital de développement. Et la tendance s’est poursuivie en 2018.

LA SOLUTION ?

Dans son mémoire au ministre des Finances Éric Girard, l’Association des sociétés québécoises cotées en Bourse, Québec Bourse, estime que ce serait « une grave erreur » de croire que les besoins en financement des entreprises sont déjà satisfaits par le capital privé.

Selon Québec Bourse, il faut re...dynamiser « l’écosystème du financement public » en attirant davantage d’entreprises québécoises à s’inscrire en Bourse.

Et pour y parvenir, l’association invite le gouvernement Legault à offrir des avantages fiscaux, dont un crédit d’impôt de 30 % aux émetteurs (entreprises) pour les frais d’inscription en Bourse, et un autre crédit d’impôt de 30 % aux investisseurs pour l’achat d’actions.

UN RÉA ?

L’entrée en vigueur du Régime d’épargne actions (RÉA) en 1979 avait permis à des dizaines d’entreprises québécoises de faire leur entrée en Bourse. Et au fil des années, elles ont émis des actions pour plus de 7,1 milliards $.

Relancer le RÉA serait certes une bonne idée, pourvu qu’on évite les abus commis dans le passé, telle la surévaluation des titres émis lors des premiers appels publics à l’épargne.