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Un grand pas pour l’Académie de l’Impact

Impact de Montréal
Photo PIerre-Paul Poulin Le directeur des opérations soccer de l’Impact, Patrick Leduc (photo), se réjouit du succès des joueurs formés par l’Académie du club montréalais. Ainsi, Anthony Jackson-Hamel, Clément Bayiha et Mathieu Choinière ont amorcé le match de mardi à Washington.

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Il y a bien eu cette dégelée à Kansas City, mais l’Impact a bonne mine en ce début de saison. La troupe de Rémi Garde aurait pu y laisser sa peau en disputant ses six premiers matchs à l’étranger. Sa fiche de ,500 est d’autant plus satisfaisante qu’elle a dû se débrouiller sans Ignacio Piatti dans ses trois dernières rencontres.

Anthony Jackson-Hamel
Photo d’archives, Agence QMI
Anthony Jackson-Hamel

En plus, le périple s’est terminé sur une note que l’on peut qualifier d’historique. Trois produits de l’Académie de l’Impact, Mathieu Choinière, qui a été muté à l’attaque pour pallier la suspension de Maximiliano Urruti, ainsi que les milieux de terrain Clément Bayiha et Anthony Jackson-Hamel faisaient partie pour la première fois du onze partant, mardi, à Washington.

Bayiha a joué les 90 minutes en entier tandis que Choinière et Jackson-Hamel ont été utilisés pendant 84 et 80 minutes. En ajoutant le milieu de terrain régulier Samuel Piette et le défenseur Zachary Brault-Guillard, l’Impact comptait cinq joueurs québécois sur le terrain.

Un sixième joueur canadien, Shamut Shome, natif d’Edmonton, s’ajoutait au groupe.

« On vient peut-être de franchir un palier »

Bien que l’on ne sache pas quand la situation va se reproduire, il y a lieu de se réjouir. Patrick Leduc, qui a été nommé au poste de directeur des opérations soccer de l’équipe en décembre dernier, ne cache pas sa joie.

« Plus d’une vingtaine de joueurs issus de l’Académie ont signé des contrats professionnels avec l’équipe au fil des années », rappelle-t-il.

« Mais d’en voir trois au sein de la formation partante dans un match significatif, c’est une grande source de fierté. Et il ne faut pas parler uniquement pour nous à l’interne. On veut le dire. On vient peut-être de franchir un palier. »

Clément Bayiha
Photo d’archives, Agence QMI
Clément Bayiha

Cette étape dont parle Leduc, c’est la confiance envers les joueurs de chez nous.

« La perception est importante ici », dit-il.

« On veut que les gens sachent que ces jeunes ont joué parce qu’ils le méritaient et que l’on ne leur faisait pas un cadeau.

« On avait besoin d’eux en raison du contexte dans lequel on a amorcé la saison. Ils ont répondu en offrant une performance très solide, tout comme ils l’avaient fait lorsqu’ils avaient été utilisés au camp d’entraînement.

Mathieu Choinière
Photo d’archives, USA TODAY Sports
Mathieu Choinière

« Un lien de confiance se bâtit peu à peu entre l’entraîneur et les jeunes. S’il a besoin de Mathieu Choinière, d’Anthony Jackson-Hamel ou de Clément Bayiha, il (Rémi Garde) sait maintenant ce que ces joueurs peuvent apporter. C’est important pour lui de le savoir. »

Bon pour les amateurs

Les organisations de la Major League Soccer consacrent beaucoup d’argent, de temps et d’efforts pour développer des talents locaux.

On retrouve sept joueurs canadiens chez l’Impact avec le gardien James Pantemis, lui aussi un produit de l’Académie. Le Toronto FC et les Whitecaps de Vancouver en comptent une dizaine.

Combien de partants pourrait-on espérer voir un jour sur une base régulière ?

« Il ne faut pas trop s’arrêter au nombre », répond Leduc.

« Plus il y en aura capables d’aider leur équipe à remporter des victoires, plus on sera gagnants. Les partisans vont s’identifier à ces joueurs. »

Leduc rappelle, d’autre part, que l’Impact a toujours misé sur un contingent de joueurs locaux à travers son histoire.

« C’était le cas quand l’organisation a remporté ses trois championnats en 1994, 2004 et 2009 », indique-t-il.

« Ça contribuait à renforcer la chimie de l’équipe. Il y a toujours eu des joueurs étrangers qui jouaient un rôle important et qui marquaient des buts importants pour le club.

« Ces joueurs sont devenus des Montréalais au fil du temps. Je considère Nacho Piatti comme un joueur montréalais. Il ne devrait plus être classé comme un joueur international. C’est un petit message que je fais », ajoute Leduc en riant.

« Bref, quand on dit qu’il y a un ADN chez l’Impact, l’identité québécoise en fait partie. Il faut travailler fort à l’Académie. »

Jusqu’à combien ?

Quelque 80 jeunes en font partie chez les moins de 14 ans, les moins de 17 ans et les moins de 19 ans. Par contre, il manque un dernier tremplin, un pendant de la Ligue américaine au hockey, pour faire la transition entre les rangs amateurs et le niveau professionnel.

Combien de joueurs locaux pourrait-on espérer voir un jour chez les formations de la MLS ?

Leduc répond par une question.

« Est-ce qu’on est capable de fournir un tiers des effectifs pour performer à un plus haut niveau ? » demande-t-il.

« On peut aspirer à ça. Le FC Dallas et le Real Salt Lake se chamaillaient avant un récent affrontement afin de savoir lequel d’entre eux compterait plus de joueurs américains. Il y en avait six d’un côté et cinq de l’autre.

« Il y a un certain virage par rapport aux jeunes joueurs. On a chez nous des jeunes joueurs capables de jouer en MLS et qui suscitent l’attention.

« En voyant notre match l’autre soir, les gens de l’Association canadienne de soccer ont dû se dire qu’il se passe quelque chose à Montréal. Il y a aussi des recruteurs d’un peu partout à travers le monde qui regardent. Va falloir se préparer à ça aussi. »