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Quand Hitler n’est plus Hitler

Les mots «Hitler», «racisme» et «nettoyage ethnique» ne veulent plus rien dire...

manif taxi
Photo Agence QMI, Simon Clark Manifestation des chauffeurs de taxi a Québec, mercredi dernier.

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Vous savez comment tuer toute possibilité de débat ? Comment rendre toute discussion, toute négociation et tout compromis impossibles ?

Videz les mots de leur sens.

Utilisez-les à toutes les sauces, sans mesurer leur charge ni leur portée.

Après un certain temps, vous verrez, les mots ne voudront plus rien dire.

DES CAMPS DE CONCENTRATION EN ESTRIE ?

Quand tout le monde est Hitler, même Hitler n’est plus Hitler.

En traitant François Legault et François Bonnardel de Hitler, comme certains imbéciles l’ont fait ces derniers jours, et en brandissant des croix gammées à propos de tout et de rien, on banalise le nazisme.

D’un côté, une quinzaine de millions de morts (dont six millions de juifs). De l’autre, une loi qui demande aux fonctionnaires en position d’autorité, TOUTES CROYANCES CONFONDUES, d’enlever leur signe religieux pendant leurs heures de travail.

Et une réforme qui fait chuter la valeur des permis de taxi.

On s’entend que ce n’est pas vraiment la même chose.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

À ce que je sache, le gouvernement caquiste n’a envoyé aucun employé de l’État dans des camps de concentration, et aucun détenteur de permis de taxi n’a été gazé au Zyklon B.

Si vous avez des informations prouvant le contraire, de grâce, contactez-moi à mon adresse courriel, on va mettre un journaliste là-dessus.

GAGUI GAGOU

Quant au maire de Hampstead, qui a comparé le projet de loi 21 à un nettoyage ethnique, alors que le monde entier souligne le 25e anniversaire du génocide rwandais, l’un des pires nettoyages ethniques de l’histoire, il mérite premièrement d’être démis de ses fonctions et deuxièmement d’être tourné en ridicule jusqu’à la fin de ses jours. Il fut un temps où le mot « racisme » voulait dire quelque chose.

Aujourd’hui, c’est comme « schtroumpf ». Ça veut dire n’importe quoi.

Je vais te schtroumpfer le schtroumpf. Je vais te rentrer un schtroumpf dans le schtroumpf, et je vais me schtroumpfer en te regardant.

Remplacez le mot « schtroumpf » par n’importe quel mot qui vous plaît.

C’est comme une discussion entre Catherine Dorion et Safia Nolin : « Genre ouan, tsé, full truc, fucké, genre biz... »

Ça veut dire tout et rien.

Ce ne sont même plus des mots, juste des borborygmes.

C’est le degré zéro de la communication. Des bruits, des sons. Des grognements.

Argh ! Grrr ! Warg ! Woof woof !

TOUT UN ENSEIGNEMENT !

Cette semaine, comme Lise Ravary l’a souligné dans sa chronique, les membres d’une association étudiante de l’UQAM ont fièrement intégré la faucille et le marteau dans leur logo !

Alors que l’université qu’ils fréquentent célèbre son 50e anniversaire, et que la rectrice fait le tour des médias pour dire à quel point l’institution qu’elle dirige offre un enseignement de qualité !

Ah oui ? Des universitaires qui ne connaissent même pas la portée significative du marteau et de la faucille ?

Ouais, méchant enseignement, en effet ! On voit que les profs d’histoire ont fait leur job !

Allons-nous vendre des photos autographiées de Pol Pot à la Coop de l’UQAM, tant qu’à faire ?

Avant, les ignares avaient honte de leur ignorance.

Aujourd’hui, ils la brandissent avec fierté.

Cons comme la lune, et tout contents de l’être...