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Les avions-citernes n’auraient rien pu faire pour Notre-Dame de Paris

Lancée par le président Trump sur Twitter, l’idée n’était pas envisageable assurent des experts

Les avions-citernes n’auraient rien pu faire pour Notre-Dame de Paris
Photo AFP

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Des avions-citernes auraient-ils pu sauver Notre-Dame de Paris? Cette possibilité soulevée par un tweet du président américain Donald Trump pendant l’incendie de la célèbre cathédrale n’était tout simplement pas envisageable assure la SOPFEU, spécialisée dans ce type d’intervention.

Avec son message sur Twitter où il disait que des avions-citernes «pourraient peut-être être utilisés» pour éteindre le violent brasier, le président Trump a déclenché de nombreux débats sur l’idée. Solution farfelue pour certains, questionnement raisonnable pour d’autre, les experts de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) tranchent qu’il n’était tout simplement pas possible d’envisager cette solution.

Les avions-citernes n’auraient rien pu faire pour Notre-Dame de Paris
Photo d'archives

 «Je peux comprendre la réflexion. Par contre ce n’est tout simplement pas possible en raison de la charge d’eau qui tomberait sur l’édifice, beaucoup trop forte», explique Stéphane Caron, porte-parole de l’organisme.

 Chaleur trop intense

 Le chercheur Arnaud Courti, du Centre de recherche et d’innovation en sécurité civile du Québec est aussi de cet avis, croyant que les milliers de litres d’eau auraient fait plus de dégâts qu’autre chose.

 «Pour larguer 6 tonnes d’eau des airs, d’abord ça prend une certaine marge de manœuvre qu’il n’y a pas en pleine ville. Et ça aurait fait beaucoup de dégâts, causant l’effondrement de la structure», estime l’expert.

 Les pompiers de la SOPFEU précisent aussi que les flammes étaient beaucoup trop vives pour permettre une intervention aérienne. La chaleur se dégageant du brasier aurait rendu une telle intervention inutile, l’eau s’évaporant avant d’atteindre la cible.

 «C’est aussi le cas quand on éteint des feux de forêt d’une telle intensité. Le travail des avions-citernes peut s’avérer inutile dans de tels cas», souligne Stéphane Caron. «Si ça avait pu fonctionner, quelqu’un y aurait pensé soyez en assurez», ajoute-t-il.

 Intervention spéciale

 Au-delà de cette idée du président Trump, l’intervention de lundi aura été marquante pour les sapeurs pompiers de Paris. Le chercheur en prévention incendie Arnaud Courti parle d’un incendie unique, tant par son ampleur que son caractère émotif spécial.

 «C’est un monument emblématique qui revêt un caractère spécial, donc en tant que pompier, tu veux sauver cet emblème. Ils ont donc dû piler sur leur orgueil pour accepter de ne pas réussir à tout sauver pour demeurer en sécurité», souligne M. Courti, qui dresse des parallèles entre l’incendie de Notre-Dame de Paris et celui du Manège militaire de Québec.

 «C’est un feu de structure en hauteur qui se propage à une vitesse phénoménale en raison du bois sec qui s’y retrouve».