/news/society
Navigation

Mirabel: des expropriés insatisfaits des excuses d’Ottawa

Ils pourront racheter des terres, mais veulent que le gouvernement demande pardon

expropriation mirabel
Photo d'archives Albert Gingras se bat depuis des décennies aux côtés de Marcel Denis pour ravoir les terres de leurs parents qui ont été expropriés il y a 50 ans.

Coup d'oeil sur cet article

SAINT-SCHOLASTIQUE | Des descendants d’expropriés de Mirabel dont la vie a été chamboulée il y a 50 ans ne se contentent pas des excuses du ministre des Transports Marc Garneau exprimées lundi et exigent plutôt qu’elles viennent du premier ministre.

Le ministre Marc Garneau était de passage à Mirabel lundi pour annoncer la rétrocession des 748 derniers acres de terrains aux expropriés et à leur descendance.

Ils pourront donc finalement racheter les dernières terres encore détenues par Ottawa dans le cadre de la construction du défunt aéroport de Mirabel.

« On a fait une grosse erreur il y a 50 ans, a reconnu le ministre des Transports devant plusieurs expropriés ou leurs familles. Je m’excuse que vous ayez été victimes de ça. »

Il n’était toutefois pas en mesure de présenter des excuses formelles au nom du gouvernement dans ce dossier.

Grande étape

« C’est une grande étape dans le processus de réconciliation, mais ce sont des excuses officielles du premier ministre qui vont véritablement venir fermer le dossier », dit Marcel Denis, fils de Rodolphe Denis, qui a été exproprié.

Le 28 mars 1969, des citoyens de Mirabel et de 13 municipalités avoisinantes des Laurentides apprenaient que le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau les dépossédait de leurs terres pour construire un aéroport.

Plusieurs d’entre eux ont perdu leur maison, leur ferme, leur travail et leurs souvenirs.

Des 97 000 acres que s’était appropriés le gouvernement, 80 000 ont été rétrocédés en 1985 et 11 000 autres en 2005.

Des enfants d’expropriés déplorent que le gouvernement de l’époque n’ait pas payé cher pour les terres en question.

« Le gouvernement fédéral avait payé 200 $ à 300 $ l’acre en 1969 alors qu’il avait payé 2000 $ l’acre à Pickering en Ontario, là où le gouvernement fédéral de l’époque voulait construire un second aéroport pour Toronto », dénonce Albert Gingras, fils de René Gingras, qui a été exproprié en 1969.

Il s’attend à devoir payer la valeur du marché moins 15 % comme en 1985 et en 2013.

Françoise Drapeau Monette, fille de Rosario Drapeau, était heureuse de la nouvelle.

« On est proche de la fin de cette saga », s’est-elle enthousiasmée.

Serge Simon, le chef du conseil de bande de Kanesatake dans les Laurentides, était quant à lui déçu du traitement qu’il juge injuste.

« Je représente les premiers expropriés de la région. Nous n’avons toujours pas de règlement après 150 ans », a-t-il lancé.