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Québec est ailleurs

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Il fallait beaucoup de courage politique pour défendre le projet de tramway, pour toutes sortes de raisons.

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Le conseiller spécial de Québec 21 et ex-bras droit de Régis Labeaume, Richard Côté, disait la semaine dernière n’avoir jamais été en faveur d’un tramway et regretter que Québec se soit lancée dans un tel projet.

La réflexion de M. Côté surprend, car pendant qu’il siégeait à la Ville de Québec, il n’a jamais exprimé publiquement sa façon de penser. Avant de se joindre à Équipe Labeaume, il affirme avoir vérifié si le chef était en faveur d’un tramway, et que si M. Labeaume lui avait répondu dans l’affirmative, jamais il n’aurait embarqué avec lui.

En effet, Régis Labeaume, pendant des années, n’était pas en faveur d’un système de transport en commun structurant. C’est très certainement ce qui explique une partie des délais dans la concrétisation du projet, dont la mise en service partielle est prévue à partir de 2025.

Trop de temps

Le maire a pris trop de temps à embarquer, et quand il l’a fait, il a manqué de conviction. Avec pour résultat que Québec est devenue la dernière ville de cette envergure au Canada à ne pas s’être dotée d’un tel système.

Reste qu’il fallait beaucoup de courage politique pour défendre un tel projet, pour toutes sortes de raisons, et que M. Labeaume a eu le mérite de se battre. Le même mérite ne revient pas à son homologue de la Rive-Sud, Gilles Lehouillier, lequel a manœuvré comme un débutant dans ce dossier.

Évolution

Maintenant, M. Côté doit prendre note que Québec n’est plus la même ville qu’il y a dix ans, ni la même qu’en 2013. Les mentalités réfractaires au transport en commun ont beaucoup évolué et il est plus que temps d’agir pour atténuer la congestion sur nos routes.

Il y a plusieurs moyens pour ce faire, comme en témoigne le Plan de mobilité durable déposé en 2011, et dont le tramway était la colonne vertébrale déjà à cette époque.

En écoutant M. Côté lundi dernier, j’ai compris pourquoi, depuis son arrivée en février, le chef de l’opposition Jean-François Gosselin a persisté dans sa demande de référendum sur le projet.

L’opposition doit toutefois admettre l’évidence et cesser de se rendre ridicule : les gouvernements supérieurs embarquent et financeront le projet.

Il reste à régler la question du financement, et au lieu de le prioriser, le gouvernement caquiste a malheureusement choisi d’en faire une monnaie d’échange dans son bras de fer avec Ottawa. Il en résultera probablement des délais dans la réalisation. Mais le projet a reçu les appuis nécessaires. On est rendu ailleurs, tout comme Québec dans son ensemble est rendue ailleurs et a évolué.

Parlant d’évolution, M. Côté disait en début de semaine avoir constaté une progression extraordinaire de Québec 21 depuis 2017. Il est bien l’un des seuls en ville. Pour tirer une telle conclusion, il faudrait d’abord constater une évolution du discours et démontrer une vision pour la capitale nationale. À ce jour, on est franchement loin du compte.