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Sortons des coulisses

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De lundi à samedi, à l’Espace Go, avait lieu une série de tables rondes portant sur la place des femmes au théâtre. À Montréal et à Québec, seulement 29 % des mises en scène sont faites par des femmes.

Je viens d’une famille qui adore le théâtre. Y aller, en lire, jouer, suivre des cours, commenter une pièce : le théâtre fait partie de ma vie. Je viens aussi d’une famille où, depuis que je suis enfant, on me démontre à quel point la parole des femmes artistes n’est pas représentée.

Au cégep, j’en étais découragée. J’ai quitté le théâtre pour l’humour et le constat est le même : trop peu de femmes occupent des postes décisifs dans les processus de création.

Que le spectacle commence !

Les femmes de théâtre veulent que leur parole soit entendue. Sortir des coulisses, aller sur scène et briller de tous leurs feux. Entre 2012 et 2017, 7 % des textes ont été écrits par des femmes au Théâtre du Nouveau Monde, aucun chez Jean Duceppe et 47 % à l’Espace Go, un lieu qui promeut pourtant les voix féminines. Ce n’est pas normal. Je ne ferai pas de scène, mais je réplique.

Si les choses changent avec le temps, pourquoi la place des femmes au théâtre s’est-elle rétrécie depuis les années 1970 ? En parler, échanger, organiser des tables rondes, douter, se lever, contester : c’est ça, prendre les mesures nécessaires pour un futur paritaire.

Il est important que les projecteurs soient aussi braqués sur les femmes. Parce que ça donne une diversité d’opinions, ça offre d’autres propositions, un regard sur la vie ouvert à tous les possibles.

C’est le temps d’applaudir pour dire aux femmes qu’elles existent et qu’elles ont été entendues.

J’ai hâte que le rideau s’ouvre sur 50 % de la population, que l’on passe au prochain acte, parce que l’entracte est présentement trop long pour les femmes.


► Madeleine Pilote-Côté est diplômée de l’École nationale de l’humour. Elle a remporté notre compétition « Les novices », visant à faire connaître à nos lecteurs de nouveaux chroniqueurs d’opinions.