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Les «nouveaux» Golden Knights se chargent des Sharks

Le trio de Pacioretty, Stastny et Stone brille dans une victoire de 6-3

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LAS VEGAS | L’histoire d’amour entre les Golden Knights et leurs chauds partisans de Las Vegas n’a pas changé. Le T-Mobile Arena demeure animé de la même ambiance survoltée et la forteresse semble toujours aussi impénétrable. À la différence qu’à l’an 2 en séries, c’est un nouveau trio de chevaliers qui protège les murs et refoule l’ennemi, comme l’ont brillamment démontré Max Pacioretty, Paul Stastny et Mark Stone dans une domination de 6-3 aux dépens des Sharks.

Les Golden Knights prennent ainsi l’avance par 2-1 dans la série, eux qui viennent de remporter deux victoires de suite après avoir échappé le premier duel. C’est donc dire qu’en incluant leur rendement en séries l’an dernier, ils présentent maintenant une fiche de 8-3 lorsqu’ils évoluent dans leur royaume des décibels, avec 42 buts à leur actif contre 26.

Si l’an dernier, le trio de Jonathan Marchessault, William Karlsson et Reilly Smith avait transporté l’équipe, ce sont cette fois trois nouveaux venus qui s’assurent que les innombrables spectacles offerts sur la Strip ne volent pas la vedette aux guerriers sur lames.

Stone, obtenu à la date limite des échanges, s’est offert un tour du chapeau en plus d’obtenir deux passes. Paul Stastny, embauché en juillet comme agent libre, a marqué deux fois et obtenu trois passes.

Et qui fut l’autre marqueur? Un certain Pacioretty acquis du Canadien, bien sûr, qui a aussi ajouté une passe pour porter son total des présentes séries à six points. Voilà une résurgence impressionnante pour l’ex-capitaine des Canadiens, limité à 18 points en 38 parties éliminatoires avec eux, de 2013 à 2017.

«Je ne veux pas nous jeter un mauvais sort, mais c’est vraiment agréable de jouer avec ces gars», a souligné un Pacioretty souriant après coup. Je veux que ça continue. Stone a complètement pris le contrôle du match. Je ne pourrais jamais être assez élogieux à son endroit.»

Frappes rapides

Justement, Stone compte quant à lui six buts dans les présentes séries et les trois compères ont inscrit 10 des 13 buts de l’équipe face aux Sharks ce printemps.

«On apprécie encore plus ces moments quand on sait que la moitié de la ligue n’a plus la chance de jouer à cette période de l’année. Ces matchs-là sont les meilleurs et tout le monde veut les gagner», a souligné Stone, auteur d’un premier tour du chapeau en carrière.

Les trois nouveaux larrons ont par ailleurs eu le don de frapper vite comme l’éclair, trois fois plutôt qu’une. Le premier filet de Stone est survenu après seulement 16 secondes de jeu.

Au deuxième engagement, alors que les Sharks venaient de réduire l’écart à 2-1, Stastny a profité d’un retour de lancer de Pacioretty pour redonner une priorité de deux buts à Vegas, après seulement 21 secondes.

Après avoir pris les devants 4-1, les locaux ont refait leur petit manège quand Stone a entamé la troisième période avec un but quand 36 petites secondes étaient égrainées au cadran. Difficile de faire mieux pour scier les jambes d’un rival qui saute sur la glace gorgé d’énergie!

Selon le département des relations publiques de la LNH, seuls les Bruins de 1981 avaient marqué trois buts dans la minute initiale de chacune des trois périodes d’un match en séries, avant que les Golden Knights ne rééditent leurs exploits.

«Tu veux toujours des buts rapides pour que la foule ici explose. C’est beaucoup plus facile de pratiquer un tel échec avant en sachant à quel point les partisans sont derrière nous. C’est le cas ici dès que la rondelle touche à la glace», a souligné Pacioretty.

Pendant ce temps, Marc-André Fleury réalisait les arrêts importants à l’autre bout de la glace, notamment en harponnant Evander Kane sur une échappée, qui aurait pu réduire l’écart à 3-2 en milieu de rencontre.

Un quatrième trio solide

Si les prouesses du deuxième trio ont permis de noircir le sommaire, l’énergie contagieuse de la quatrième ligne d’attaque formée de William Carrier, Pierre-Édouard Bellemare et Ryan Reaves a aussi donné le ton.

Les trois complices dans la malice ont fait payer un lourd prix aux Sharks à chaque présence en distribuant 21 des 56 mises en échec des Knights. Carrier semblait carrément possédé, avec 11 mises en échec, et le trio de forcenés a écoulé plus de temps en zone offensive que certains touristes à Las Vegas passent dans des endroits non recommandables...

Par chance qu’ils ont sorti épaules et biceps, parce qu’il n’y a définitivement pas d’amour dans l’air entre les deux clubs, quelques mêlées ayant éclaté en plus d’un combat viril entre Reaves et Evander Kane.

«Ce trio est formé de gars qui nous donnent le momentum, qui finissent leurs mises en échec et qui ont du caractère à revendre. Ils ont été aussi bons que notre meilleure ligne d’attaque ce soir», s’est réjoui le pilote, Gerard Gallant.

Une perte qui fait mal

Du côté des Sharks, ce n’est certainement pas un excès de chauvinisme que d’affirmer que l’absence du défenseur québécois Marc-Édouard Vlasic fait cruellement défaut.

La brigade défensive a paru souvent désemparée en l’absence de celui qui amène une présence rassurante à la ligne bleue pendant que Brent Burns et Erik Karlsson s’offrent quelques risques offensivement. D’ailleurs, Karlsson s’est retrouvé sur la glace sur 11 des 13 buts des Golden Knights durant cette série.

Les Sharks pourraient de plus être privés du vétéran Joe Thornton, si la ligue décide de sévir par rapport au coup à la tête flagrant qu’il a donné à Tomas Nosek. Une suspension s’imposera sans doute, même si «Jumbo Joe» ne partage pas cet avis.

«Honnêtement, je l’ai à peine effleuré. Je pense que mon fils me frappe comme ça six fois par jour. Il (Nosek) s’est juste mis dans une drôle de position. C’est tout», a-t-il pesté.

Bref, ils ne sont pas morts, les Requins, mais leur survie dans le zoo de Las Vegas n’a rien d’assurée. La série se poursuit mardi dans le désert. Mais le désert le plus cacophonique et débridé qui soit. Pas évident pour des visiteurs qui sont en ville pour les affaires et non pour le plaisir.