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Elle se sent prisonnière de sa région en attendant sa greffe

Elle ne peut aller visiter sa famille en Gaspésie faute d’accès à sa dialyse vitale

hémodialyse
Photo courtoisie Christine Boudreau lors d’un récent traitement d’hémodialyse à l’hôpital de Chicoutimi.

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Une femme du Saguenay en attente d’une greffe rénale et dépendante de la dialyse se sent prisonnière de sa région qu’elle ne peut quitter pour visiter ses proches en Gaspésie, faute d’accès à ses traitements.

Christine Boudreau est atteinte d’insuffisance rénale chronique au stade terminal, ce qui fait que ses reins ne peuvent plus filtrer le sang de façon adéquate, et elle doit donc faire de la dialyse à l’hôpital quatre heures par jour, trois fois par semaine.

La femme de 41 ans rêve d’aller passer une semaine avec sa famille à Carleton-sur-Mer dans sa Gaspésie natale, à neuf heures de route de chez elle.

« Pas un caprice »

« Aller là-bas, ce n’est pas un caprice. Juste une semaine, ça me recharge pour six mois et ça m’éloigne des psychologues », affirme Mme Boudreau, en attente d’une greffe rénale depuis près de quatre ans.

« Mes proches ne sont pas tous jeunes pour faire le grand voyage et venir me voir. Certains décèdent et je ne peux même pas aller aux funérailles. C’est la nécessité du traitement qui est l’obstacle dans ma vie », déplore celle qui n’a pas mis les pieds en Gaspésie depuis deux ans.

Ce serait irréaliste pour elle de se rendre en voiture et de revenir à temps pour son prochain traitement. Et un billet d’avion aller-retour peut coûter jusqu’à 2000 $.

Priorité à la clientèle locale

L’intervenante sociale actuellement en arrêt de travail a fait des démarches pour qu’elle puisse recevoir son traitement en Gaspésie, à l’hôpital de Maria situé à quelques minutes de chez ses parents. Elle a essuyé un refus, car le centre est au maximum de sa capacité.

« On fait tout pour accommoder les gens de l’extérieur qui viennent, c’est quelque chose qui s’organise et qui peut se faire, mais la priorité est donnée à la clientèle locale et la main-d’œuvre est planifiée en conséquence », a dit Catherine Blouin, aux communications du CISSS de la Gaspésie.

Mme Boudreau tente activement de trouver une solution, soit avoir accès à un traitement ou un transport qui lui permettrait de se déplacer rapidement et d’y passer 72 heures, le maximum de temps qu’elle peut se permettre.

« C’est très difficile d’avoir accès aux soins d’hémodialyse au Québec quand on veut changer d’air un peu. Ma famille est importante pour moi dans mon processus d’attente de greffe. La greffe ne guérit pas non plus, mais aide à nous défaire de nos menottes, en n’étant plus branché à une machine », explique-t-elle.

« Prisonniers »

La directrice générale de l’Association générale des insuffisants rénaux, Berthe Martin, affirme que cette situation affecte plusieurs personnes au Québec, qui dépendent de leurs traitements.

« Les hémodialysés au Québec devraient avoir la possibilité d’aller n’importe où dans le Québec pour faire leur dialyse, pourvu que ce soit planifié. Les gens sont prisonniers de leurs centres de dialyse », estime Mme Martin.