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Encore une grosse subvention de Québec pour General Electric

Le gouvernement donne 9,5 M$ à une filiale de la multinationale américaine

AP&C Revêtements & poudres avancée
Photo courtoisie Un travailleur à l’usine d’AP&C de Saint-Eustache, dans les Laurentides. Selon le PDG, Alain Dupont, l’impression 3D est la prochaine révolution industrielle.

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Une filiale québécoise du mastodonte américain General Electric a décroché une subvention de 9,5 M$ de la part du gouvernement Legault pour financer l’expansion d’une usine de poudres métalliques utilisées en impression 3D.

AP&C, qui appartient à GE depuis 2017, accroîtra la capacité de production de ses installations de Saint-Eustache et mettra sur pied un centre de recherche sur la « fabrication additive ». Jusqu’à 75 emplois pourraient être créés en cinq ans.

« L’impression 3D est certainement la prochaine révolution industrielle et le Québec doit en faire partie », a soutenu hier le PDG d’AP&C, Alain Dupont.

AP&C veut devenir le plus important fabricant nord-américain de poudres de titane, de nickel et d’aluminium de haute pureté destinées à l’impression 3D.

Investissements non chiffrés

Il a toutefois été impossible de savoir combien GE investira dans le projet. M. Dupont a refusé net de répondre aux questions du Journal à ce sujet.

Pierre Fitzgibbon. Ministre de l’Économie
Photo PIerre-Paul Poulin
Pierre Fitzgibbon. Ministre de l’Économie

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a expliqué que le gouvernement ne tenait pas compte de la « condition financière » d’une entreprise pour décider de l’octroi d’une subvention ou d’un prêt.

« Ce qui va être fait [par AP&C], ça va être très porteur pour nourrir la grappe aérospatiale, a-t-il déclaré. On veut bâtir, au Québec, un écosystème où l’on va attirer des donneurs d’ordres étrangers. [...] Pour moi, c’était une décision facile. »

GE est une habituée de l’aide financière de Québec. En 2017, sa division GE Aviation a reçu une subvention de 12 millions de dollars pour son usine de Bromont, mais ces subsides étaient associés à la réalisation de projets d’investissements de 238 millions de dollars.

En 2012, GE avait touché une aide gouvernementale de 8,4 millions $ pour des investissements de 61,4 millions $, toujours à son usine de Bromont.

Il y a un an, GE Power a fermé son usine de La Prairie, même si elle avait reçu des contrats de 228 millions $ d’Hydro-Québec dans les cinq années précédentes.

En 2018, GE a encaissé des revenus de 121 milliards de dollars américains, mais a subi une perte nette de 22 milliards de dollars américains. L’action du conglomérat a chuté de plus de 70 % depuis la fin 2016 à la Bourse de New York.

100 emplois mais pas d’aide

M. Fitzgibbon a par ailleurs annoncé hier que la firme néerlandaise de consultants en ingénierie TMC Global allait installer son siège nord-américain à Montréal. L’entreprise compte créer plus de 100 emplois en trois ans, et ce, sans l’aide du gouvernement.

« Nous sommes toujours ouverts aux subventions », a répondu le ministre quand on lui a demandé pourquoi TMC n’avait pas eu droit aux largesses de l’État. « Il y a beaucoup d’autre argent disponible. »