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Inondations à Beauceville: des choix à faire pour les sinistrés

Québec entend proposer des incitatifs financiers pour convaincre les gens de s’éloigner de la rivière Chaudière

Ce sinistré a pu quitter sa résidence grâce à l’aide de la Sûreté du Québec qui disposait de canots.
Photo Agence QMI, Guy Martel Ce sinistré a pu quitter sa résidence grâce à l’aide de la Sûreté du Québec qui disposait de canots.

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La sécurité publique demeure sur le qui-vive en Beauce alors que le niveau de l’eau était toujours élevé mardi soir et que l’embâcle se trouvait toujours au nord du centre-ville. Pendant ce temps, l’aide aux sinistrés commençait à prendre forme et certains citoyens pourraient se voir offrir de déménager.

La ville de Beauceville, vers où tous les yeux étaient tournés mardi, était encore dans l’eau par endroit en soirée.

L’alerte d’inondation moyenne était toujours en vigueur et les autorités maintenaient la surveillance étroite de la rivière Chaudière. Le niveau dépassait d’ailleurs toujours le seuil de récurrence 100 ans vers 21 h.

Accompagnée du député de Beauce-Nord Luc Provençal, la ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre Geneviève Guilbault s’est rendue constater l’étendue des dégâts à Beauceville.
Photo Stevens LeBlanc
Accompagnée du député de Beauce-Nord Luc Provençal, la ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre Geneviève Guilbault s’est rendue constater l’étendue des dégâts à Beauceville.

Plus tôt dans la journée, la ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre Geneviève Guilbault s’est rendue à Beauceville pour rencontrer les sinistrés et leur assurer le soutien de Québec.

Cette dernière a toutefois précisé que les citoyens auraient éventuellement un choix à faire en vertu du nouveau programme général d’indemnisation et d’aide financière duquel ils pourront se prévaloir.

Relocalisation

Comme le programme prévoit un montant maximum, les sinistrés du secteur du boulevard Renault, inondé de façon récurrente, pourraient être appelés à être relogés.

« On va leur dire “soit tu prends ce dernier chèque ou nous t’aidons à te relocaliser ailleurs” », a souligné la ministre Guilbault, ajoutant que les gens sur place seraient intéressés par l’offre.

« C’est intéressant, car, on le voit, les gens sont tannés. Si le gouvernement peut offrir un incitatif financier pour se relocaliser ailleurs, je pense que ce sera bien vu. »

Sur le terrain par contre, le son de cloche était différent. Les sinistrés rencontrés par Le Journal, peut-être encore trop portés par l’émotion, n’avaient que faire de la proposition de Mme Guilbault.

« Regardez la longueur du boulevard, le nombre de maisons qui sont dans la flotte. Ils vont les mettre où, ces gens-là ? C’est illogique de penser à relocaliser tout ça », lançait en colère la propriétaire d’une résidence qui a été inondée.

« C’est facile de proposer ça, mais quand je vois les sinistrés ailleurs dans la province qui attendent encore après leur argent, je n’y crois pas tellement », ajoutait une résidente qui préférait garder l’anonymat.

Rencontres

Le maire de Beauceville, François Veilleux, et le directeur général de la municipalité, Félix Nunez, ont également mesuré l’ampleur des dégâts.
Photo Catherine Bouchard
Le maire de Beauceville, François Veilleux, et le directeur général de la municipalité, Félix Nunez, ont également mesuré l’ampleur des dégâts.

Des rencontres seront organisées au cours des prochains jours pour expliquer aux sinistrés la forme que prendra l’aide financière.

En soirée mardi, l’un des principaux problèmes provenait pour l’instant des pannes de courant qui touchaient encore plusieurs résidences, empêchant des sinistrés de regagner leurs maisons.

Au total, une quarantaine de personnes étaient hébergées dans des centres temporaires, en plus des évacués hébergés par des proches.

« Nous demandons à nos citoyens de ne pas réintégrer leur domicile tant que le courant ne sera pas rétabli. La décision de rétablir le courant ne peut se faire tant qu’Hydro-Québec, le Service de sécurité incendie et la Sûreté du Québec ne donneront pas leur autorisation », a indiqué par voie de communiqué la municipalité en fin de soirée, appelant les citoyens à la prudence.

— Avec la collaboration de Catherine Bouchard