/news/education
Navigation

Le phénomène du «tripotage» de notes loin d'être réglé, selon le syndicat d'enseignants

bloc école éleve enseignant
Photo Adobe Stock

Coup d'oeil sur cet article

La décision de Québec de ne plus accorder automatiquement la note de passage aux élèves ayant obtenu 58 % ou 59 % aux examens ministériels mettra fin à un phénomène qui ne représente que «la pointe de l’iceberg» en matière de «tripotage» de notes dans le réseau scolaire, affirment les syndicats d’enseignants.

Les deux fédérations qui les représentent, la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) et la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) saluent la décision de Québec, rapportée par Le Journal mardi, qui représente selon eux un pas dans la bonne direction.

À partir de juin 2019, le ministère de l’Éducation ne procédera plus au «traitement statistique» qui permettait depuis des années à des élèves du secondaire de réussir un examen ministériel même s’il leur manquait un ou deux points pour atteindre la note de passage.

Les représentants syndicaux affirment toutefois que cette mesure, à elle seule, est loin de mettre fin au problème de manipulation de notes dans le réseau scolaire, qui comprend aussi des pressions exercées par des directions d’école et des commissions scolaires pour inciter les enseignants à «gonfler» les résultats de leurs élèves.

«Le ministre ne peut pas se contenter que de ce geste-là», lance Sylvain Mallette, président de la FAE.

Même son de cloche de la part de la FSE, qui se demande comment Québec pourra faire respecter cette directive dans le réseau scolaire.

«Qu’est-ce que le ministre va faire avec les commissions scolaires ou les établissements qui ne respecteraient pas cette directive? On ne parle pas de sanctions nulle part», affirme Josée Scalabrini, présidente de la FSE.

Les syndicats rappellent qu’en plus de la pression exercée, d’autres mesures correspondant à du «tripotage» de notes sont toujours en place dans le réseau scolaire, comme les élèves évalués selon un bulletin modifié dont les résultats ne sont pas comptabilisés dans la moyenne du groupe ou encore l’impossibilité d’accorder la note 0 au bulletin d’un élève.

La FSE estime que le problème ne sera pas réglé tant que la gestion par résultat – axée sur des cibles de réussite – sera en vigueur dans le réseau scolaire, alors que la FAE réclame toujours une commission parlementaire pour faire la lumière sur les enjeux entourant l’évaluation des élèves.

Le ministre Roberge a toutefois indiqué au Journal que cette avenue était écartée «à court terme», alors qu’il l’avait pourtant réclamée lorsqu’il était député dans l’opposition.

Une deuxième étape

Le ministre a par ailleurs affirmé mardi qu’il comptait bel et bien modifier la Loi sur l’instruction publique «dans la prochaine année» pour donner davantage d’autonomie professionnelle aux enseignants, comme le prévoit le Plan de valorisation de la profession enseignante, rendu public en mai 2018 alors qu’il était député dans l’opposition.

M. Roberge veut préciser «que si une note doit être révisée, ce doit être fait après consultation des enseignants», a-t-il expliqué.

– Avec la collaboration de Marc-André Gagnon