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Les petites centrales ne seront pas rentables, reconnaît Québec

Hydro-Québec engloutira 460 millions de dollars dans trois nouveaux projets

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Alors qu’Hydro-Québec nage dans les surplus énergétiques à ne plus savoir qu’en faire, le gouvernement Legault reconnaît que les nouveaux projets de petites centrales hydro-électriques ne seront pas rentables.  

«À moyen terme, tant que l’on n’aura pas fait en sorte d’exporter nos surplus, on va avoir des enjeux de surplus. Et des surplus, ce n’est pas payant», a indiqué hier le ministre de l’Énergie, Jonatan Julien, en marge de l’étude des crédits budgétaires sur Hydro-Québec à l’Assemblée nationale.   

Le gouvernement vient pourtant d’autoriser Hydro-Québec à acheter pour 460 millions de dollars d’électricité (avec frais de branchement) dans trois nouveaux projets de petites centrales hydro-électriques.   

Ces nouveaux projets (Manouane Sippi en Haute-Mauricie, Chute du Quatre Milles et Chute du Six Milles sur la Côte-Nord) iront de l’avant, alors que le premier ministre François Legault avait dit mettre un frein en novembre dernier à tout nouveau développement énergétique au Québec.  

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En raison d’importants surplus énergétiques, Hydro-Québec a déversé l’équivalent de 10 térawattheures (TWh) d’eau de ses grands réservoirs l’an dernier. Une perte de revenus potentiels estimés à plus de 700 millions $.   

Selon le ministre de l’Énergie, les trois nouveaux projets de petites centrales qui iront de l’avant découlent d’un programme d’achat d’électricité lancé en 2009 par le gouvernement libéral de l’époque dans une perspective de développement régional. « C’était des engagements fermes. Ce sera de la production supplémentaire », a-t-il fait valoir.   

Une nouvelle grande centrale  

Hydro-Québec soutient toutefois qu’une grande décision sera à prendre au cours des prochaines années visant la construction d’une nouvelle grande centrale hydro-électrique.   

«En 2021-2022, on aura une grande décision à prendre. De dire, on en fait un? On le fait à quel endroit? Ou on n’en fait pas et on regarde d’autres sources d’énergie», a souligné le PDG d’Hydro-Québec.   

Selon ce dernier, le «temps presse», alors que le contrat d’achat de 5000 mégawatts (MW) provenant de la centrale de Churchill Falls avec Terre-Neuve prendra fin en 2041.   

Il peut s’écouler entre 18 et 20 ans pour qu’un grand projet de centrale hydro-électrique voie le jour, incluant le temps d’obtenir les différents permis de production et les autorisations nécessaires.   

À Terre-Neuve, le projet de centrale hydro-électrique de Gull Island (2250 MW) pourrait faire l’objet de discussions avec la province.   

«Gull Island est une option. C’est un beau projet en termes de capacité hydraulique qui est disponible. Il faudrait vérifier avec eux [Terre-Neuve]. On a des discussions», a fait savoir le PDG d’Hydro-Québec.