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L’enquête s’annonce longue et complexe

L’enquête s’annonce longue et complexe
AFP

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PARIS | L’enquête sur l’origine de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris s’annonce longue et complexe pour les experts de la police qui ont mené de premières auditions dans la nuit, mais n’ont pas encore pu pénétrer à l’intérieur de l’édifice. 

La piste accidentelle, privilégiée dès les premières heures du sinistre, continue d’être suivie par les enquêteurs de la brigade criminelle de la police judiciaire (PJ), à laquelle le parquet de Paris a confié les investigations. 

«Rien dans l’état ne va dans le sens d’un acte volontaire», a résumé sur place mardi le procureur de Paris Rémy Heitz, après avoir ouvert dans la nuit de lundi à mardi une enquête pour «destruction involontaire par incendie».  

Les soupçons convergent vers le chantier en cours sur le toit de la cathédrale. C’est de là que semble avoir démarré le feu qui a ensuite dévoré en partie l’emblématique monument parisien. 

Écoutez Aain Pronkin, spécialiste des religions, à Dutrizac de 6 à 9:

«Ce sera une enquête difficile», a d’ores et déjà prévenu le secrétaire d’État à l’Intérieur Laurent Nuñez. 

«L’enquête s’annonce complexe et peut être longue. C’est une enquête hors norme, car il n’y a pas d’équivalent sur un tel bâtiment», relève une source proche du dossier. 

Avec quelque 50 enquêteurs mobilisés, la PJ est confrontée à une première difficulté: l’interdiction d’accéder pour l’instant au bâtiment pour raisons de sécurité empêche les premières constatations. 

Mais les policiers ont déjà pu démarrer dans la nuit d’auditionner ouvriers et employés du chantier, et devaient continuer mardi. 

Écoutez Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada en France, à Dutrizac de 6 à 9:

Les enquêteurs vont également exploiter les vidéos de surveillance intérieure et extérieure de la cathédrale, mais aussi les nombreuses vidéos prises par des particuliers. 

«Elles peuvent nous éclairer sur le départ de feu. Il a été constaté à 18h50, mais il a peut-être couvé pendant plusieurs heures», glisse la source proche du dossier. 

Le procureur a expliqué qu’il y avait «eu une première alerte à 18h20 suivie d’une procédure de levée de doutes, mais aucun départ de feu n’a été constaté». 

«Il y a eu une deuxième alerte à 18h43, et là, le feu a été constaté au niveau de la charpente. Entretemps, l’église avait été évacuée puisqu’une messe avait débuté peu avant», a poursuivi M. Heitz. 

Origine et développement du feu  

Mobilisés, les fonctionnaires du laboratoire central de la préfecture de police de Paris travaillent main dans la main avec les pompiers des équipes «Recherche des causes et circonstances d’incendie» (RCCI). 

Dès que le feu vert pour pénétrer dans le monument sera donné, les équipes du laboratoire central pourront commencer à faire des prélèvements et effectuer un certain nombre de constatations. 

  

L’enquête s’annonce longue et complexe
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«L’objectif est double: essayer de déterminer l’origine de l’incendie et comprendre son mode de développement», explique à l’AFP Christophe Pezron, directeur du laboratoire central de la préfecture de police. 

Mais le travail des «experts» de la préfecture a commencé dès lundi soir alors que les flammes dévoraient l’édifice. Une équipe composée d’un technicien, d’un ingénieur avec un camion laboratoire était sur place peu après 19 heures. 

«Elle était très proche des équipes de pompiers, de manière à regarder le développement du feu. Elle est restée sur site jusqu’à une heure du matin et était de retour ce matin avec les architectes de sécurité, avec la brigade de sapeurs-pompiers de Paris pour faire le tour de la cathédrale», décrit M. Pezron.Avec les monceaux de déblais provoqués par le sinistre, «la recherche des traces et indices va être d’une grande complexité», pronostique M. Pezron. 

Écoutez Francis Gingras, directeur du Centre d'études médiévales:

«L’enquête peut durer des semaines, des mois, ça dépend de ce que découvriront les enquêteurs», a averti Laurent Nuñez.  

L'ensemble du feu est éteint  

«La phase est désormais à l'expertise et c'est pour cette raison qu'un ensemble d'experts examine l'ensemble des structures pour constituer les phases qui suivront, à savoir la consolidation», a déclaré Gabriel Plus, le porte-parole de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris lors d'un point presse devant Notre-Dame, précisant que le «violent feu» s'était «propagé très rapidement sur l'ensemble de la toiture» sur «1000 mètres carrés environ».       

 «Il s'agissait pour les pompiers de Paris jusqu'à ce matin de préserver les deux beffrois, Nord et Sud, pour être sûrs que les tours ne soient pas touchées. C'est le cas», s'est-il satisfait, se réjouissant de la «sauvegarde des deux beffrois, des deux tours et des œuvres».        

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 Il s'agit à présent de surveiller les structures, leur mouvement et d'«éteindre les foyers résiduels», a-t-il encore expliqué.       

 Il a par ailleurs indiqué qu'«une partie de la voûte [s'était] effondrée dans la nef centrale» et que 100 soldats du pompiers «sont encore engagés et le resteront toute la journée».    

La structure «tient bon» malgré des «vulnérabilités»   

La structure de Notre-Dame de Paris «tient bon» après l’incendie qui a ravagé la cathédrale, mais des «vulnérabilités» ont été identifiées dans l’édifice, notamment au niveau de la voûte, a déclaré mardi le secrétaire d’État français à l’Intérieur.   

«L’incendie c’est terminé, maintenant la préoccupation principale (...) c’est s’assurer que l’édifice ne va pas connaître de failles», a déclaré Laurent Nuñez devant la presse. «Globalement, la structure tient bon», mais «quelques vulnérabilités ont été identifiées notamment au niveau de la voûte et d’un pignon du transept nord qui doit être (...) sécurisé» et qui a conduit à l’évacuation de cinq immeubles voisins, a-t-il ajouté.