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Des chauffeurs de taxi se font « voler leur retraite »

La valeur d’acquisition de leur permis remboursée

Selon Herbert Matthews et Christian Bégin, les compensations financières, telles qu’elles sont présentées, ne tiennent pas compte de la valeur actuelle de leur permis.
Photo Catherine Bouchard Selon Herbert Matthews et Christian Bégin, les compensations financières, telles qu’elles sont présentées, ne tiennent pas compte de la valeur actuelle de leur permis.

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Malgré sa bonification, le programme de soutien financier à la modernisation des services de taxi continue de faire des insatisfaits, alors que plusieurs chauffeurs estiment qu’ils se font littéralement « voler leur retraite ».

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a annoncé une redevance bonifiée à 90 cents par course, afin de retourner dans les poches des taxis un montant de 270 M$ en trois ans, en plus du 250 M$ déjà annoncé. Cela permettrait de rembourser la valeur initiale déboursée par les chauffeurs de taxi en cinq ou six ans.

« Ça ne vaut rien »

Or, pour les chauffeurs de taxi, cela se traduit par un remboursement de la valeur d’acquisition du permis, et non de la valeur marchande d’aujourd’hui. Pour plusieurs travailleurs de l’industrie qui ont acquis leur permis il y a plusieurs années, voire des décennies, il s’agit de leur projet de retraite qui part en fumée.

« Franchement, quand tu travailles toute ta vie pour avoir quelque chose et que t’as rien à la fin, c’est ordinaire », lance Herbert Matthews.

M. Matthews a acquis son permis en 1983, pour un montant avoisinant 6500 $.

Aujourd’hui, selon la valeur des permis, l’homme de 77 ans estime qu’il aurait pu le revendre 150 000 $. « Ça fait au moins trois ou quatre ans que j’essaie de le vendre et je ne suis pas capable. Ça ne vaut rien », se désole-t-il.

« La valeur a augmenté »

Même son de cloche pour Christian Bégin, âgé de 65 ans. Il a acquis son permis pour la somme de 17 500 $, en 1979.

« J’avais calculé le vendre 150 000 $ dans cinq ans. Je planifiais dépenser environ 10 000 $ par année. À 85 ans, on ne fait plus grand-chose, on sort moins. Mais là, ça va aller plus vite », fait-il valoir.

Daniel Tremblay, 70 ans, ne dérage pas non plus. En 1989, il a payé son permis 42 000 $. « Mais la valeur a augmenté, depuis ce temps. J’ai travaillé toute ma vie pour rien. Ça valait plus de 100 000 $, et là, plus rien », peste l’homme qui travaille encore aujourd’hui.

Les modalités du programme d’aide à la modernisation des services de transport par taxi annoncées en mars par le ministre Bonnardel restent à être fixées, a indiqué Sarah Bigras, attachée de presse du ministre. Il a donc été impossible de savoir si les chauffeurs touchés par la perte de la valeur marchande de leur permis seront indemnisés.