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La mort de TVA Sports évoquée: au CRTC de décider, dit PKP

Québecor et Bell se sont exprimées mercredi devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications

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OTTAWA | Le CRTC signera l’arrêt de mort de la station TVA Sports s’il va de l’avant avec sa menace de suspendre la licence de la chaîne sportive, clame son propriétaire, Pierre Karl Péladeau.  

• À lire aussi: PKP fout le bordel dans le système 

Québecor a été forcée de se défendre devant l’organisme de réglementation fédéral des télécommunications, mercredi, après avoir coupé la semaine dernière le signal de TVA Sports aux abonnés de Bell.    

  •  Pierre Karl Péladeau était l'invité de Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

D’entrée de jeu, le patron du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), Ian Scott, a évoqué en conséquence une suspension de la licence de diffusion de la station montréalaise. Il doit rendre son verdict dans les prochains jours.  

Une telle mesure annoncerait la « mort » de la station, qui est déjà en difficulté financière, a affirmé M. Péladeau devant les journalistes.  

« Ça fait de nombreuses années que TVA Sports perd des dizaines de millions de dollars. Les actionnaires de TVA ne peuvent pas soutenir cet effort financier ad vitam aeternam », a laissé tomber l’homme d’affaires.  

Dernier recours  

Selon M. Péladeau, le Groupe TVA n’a pas eu le choix de couper le signal à Bell au début des séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey, ayant épuisé ses « alternatives ».  

« Le retrait de TVA Sports à Bell n’est aucunement un affront aux règles du CRTC, mais malheureusement [c’est] la seule façon de faire respecter nos droits », a-t-il plaidé.  

Le signal a depuis été rétabli sous l’ordre de la cour.  

Les deux géants des télécoms sont à couteaux tirés depuis des années. Québecor déplore que Bell refuse de verser des redevances d’abonnement proportionnelles aux parts de marché des chaînes spécialisées appartenant au Groupe TVA, comme TVA Sports.  

Selon M. Péladeau, le système de redevances est « obsolète », « inéquitable », et favorise indûment d’anciens monopoles comme Bell.  

Concrètement, Bell paie au Groupe TVA 3,59 $ par abonné pour diffuser TVA Sports, alors que les autres télédiffuseurs acceptent de verser 5 $, selon Québecor. La multinationale québécoise, aussi propriétaire du Journal, dénonce également le fait que Bell offre dans son forfait le plus populaire sa chaîne RDS, mais pas TVA Sports.  

Révocation  

Prenant la parole après Québecor, les grands patrons de Bell ont carrément demandé au CRTC de révoquer la licence de TVA Sports.  

« Québecor doit faire l’objet des sanctions les plus sévères, a affirmé un patron de Bell, Robert Malcomson. Imaginez le chaos si les joueurs de l’industrie pouvaient décider eux-mêmes de se conformer ou non à la réglementation. »  

Questionnée à plusieurs reprises à savoir si le système de redevances était équitable, une autre patronne de Bell a refusé de s’avancer.  

« Il y a des moyens légaux disponibles de changer les règles, sans violer les lois et prendre les consommateurs en otage », a martelé la présidente de la direction du Québec chez Bell, Martine Turcotte.  

Présents lors de l’audience, des responsables syndicaux chez TVA se sont dits préoccupés par la tournure des négociations entre les deux géants.  

« C’est sûr que si Québecor règle son problème de tarifs et de préférence indue sur les forfaits de Bell, ça peut avoir un impact assez majeur. Je crois que ça pourrait aider la rentabilité », a souligné un porte-parole, Marc-André Hamelin.  

Une bataille à finir  

« Ça va faire neuf ans maintenant que nous assumons des pertes d’exploitation, parce que nous ne sommes pas en mesure d’avoir des tarifs équivalents à ceux de RDS et des conditions de distribution équivalentes. »  

« Les parts de marché des chaînes de Bell ne cessent de décliner, mais leurs redevances ne cessent d’augmenter. »  

« Nous ne pouvons pas continuer à subir des pertes d’exploitation en demeurant les bras croisés. Le système de radiodiffusion est brisé. La situation doit changer. »  

– Pierre Karl Péladeau, chef de la direction de Québecor  

« On a tous des règles qu’on n’aime pas, qu’on soit Québecor ou Bell. Mais si on prend les consommateurs en otage, on décide de se faire justice soi-même. En violant les lois, demain, c’est l’anarchie. »  

« Il y a des règles pour s’assurer que les consommateurs ne paient pas pour ces disputes commerciales. »  

– Martine Turcotte, présidente de la direction du Québec chez Bell