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La mission cachée d’Hydro-Québec

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Bonne fête Hydro-Québec !

En 75 ans, notre plus importante société d’État est devenue l’une des plus grandes sociétés de production d’énergie propre du monde.

« Hydro-Québec a changé le monde de l’énergie, mais sa mission, affirme son président-directeur général Éric Martel, est demeurée la même : fournir un service de qualité à un coût raisonnable à tous les Québécois, peu importe où ils se trouvent sur le territoire. »

Avec ses grands projets hydroélectriques, ses innovations en électrification des transports, en technologies de batteries et de moteurs électriques, Hydro est devenue une référence mondiale.

Bravo !

LES HYDRODOLLARS

Mais en ce 75e anniversaire d’Hydro-Québec, force est de constater que la mission de la société d’État ne se limite pas à « fournir un service de qualité à un coût raisonnable » à tous les Québécois, comme le laisse entendre son président-directeur général, Éric Martel.

Comme tous ses prédécesseurs, M. Martel garde sous silence le fait qu’Hydro-Québec a une mission cachée, soit celle de remplir le plus possible les coffres de son actionnaire, le gouvernement du Québec.

Pourquoi je dis cela ? Parce que ça dépasse l’entendement de voir tout l’argent que Québec réussit à nous siphonner par l’entremise d’Hydro-Québec. On parle d’environ 6 milliards de dollars par année.

Comment se décortique cette gigantesque ponction gouvernementale ? Concernant l’année financière 2018, voyons les multiples revenus qui étaient destinés au gouvernement du Québec.

Bénéfice net d’Hydro

  • 3,2 milliards $

Redevances hydrauliques

  • 705 millions $

Taxe sur les services publics

  • 298 millions $

Indexation du prix de l’électricité

  • 258 millions $

Contribution additionnelle au Fonds des générations

  • 215 millions $

Frais de garantie d’emprunt

  • 215 millions $

Taxe de vente (TVQ)

  • 1,2 milliard $

En plus de ces « électrisants » revenus alloués au gouvernement du Québec, on est venu chercher dans les poches des Québécois une somme additionnelle de 600 millions $ de TPS fédérale et un montant de 108 millions $ à titre de taxes municipales et scolaires.

PONCTION ABUSIVE D’HYDRODOLLARS

Au total, c’est donc une somme astronomique de quelque 6,8 milliards $ que les consommateurs québécois versent dans les coffres publics par l’entremise de leur facture d’électricité.

Pour « apprécier » à sa juste valeur ces 6,8 milliards $, sachez que ce montant dépasse largement les dépenses que Québec a consacrées en 2018 au ministère de la Famille (5,8 milliards $), au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (5,1 milliards $) ou au ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports (4,8 milliards $).

Quand ç’en est rendu que le gouvernement du Québec empoche l’équivalent de la moitié des ventes brutes (12,1 milliards $) d’électricité au Québec, je trouve cela abusif de sa part.

Raison de plus de dénoncer à nouveau le refus du gouvernement de nous rembourser le 1,5 milliard $ de trop-perçus d’Hydro-Québec qu’il a encaissé dans le passé, et que le chef du gouvernement caquiste, François Legault, avait qualifié de « vol ».

En ce 75e anniversaire d’Hydro-Québec, le gouvernement Legault devrait en profiter pour faire amende honorable et nous rembourser les trop-perçus d’Hydro-Québec qui ont été versés dans les coffres du gouvernement.