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La STM n’a aucune idée de combien elle se fait frauder

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La Société de transport de Montréal n’a aucune idée des montants qu’elle perd chaque jour en raison des milliers d’usagers qui ne paient pas pour prendre le métro.

C’est ce que révèle une demande d’accès à l’information adressée à la Société de transport de Montréal (STM) par le conseiller indépendant Marvin Rotrand qui a été membre du conseil d’administration de la société de transport pendant 17 ans.

Une expérience menée par l’Agence QMI, qui a passé 15 heures dans le métro avec une caméra cachée, et publiée lundi dernier, démontre que des milliers d’usagers contournent ou enjambent les tourniquets chaque jour à un rythme potentiel de 15 fraudeurs par heure, par station. Il y a un total de 68 stations dans le métro de Montréal. 

Document inexistant

Mais la STM n’a aucune donnée sur ce que l’ensemble de ces fraudes coûte chaque année.

« Selon le service concerné, ce document est inexistant », a-t-on répondu à Marvin Rotrand après qu’il eut demandé tout document qui permettait de chiffrer les pertes que représente la fraude pour ses systèmes en vertu de la loi d’accès à l’information.

« Je pense que les inspecteurs de la STM doivent faire plus de vérifications des titres pour faire reculer le taux de fraude », a indiqué Marvin Rotrand hier.

« L’enquête [de l’Agence QMI] nous a montré que ce ne sont pas seulement des pauvres qui fraudent le métro, mais aussi des hommes d’affaires en complet », souligne-t-il.

L’élu entend écrire cette semaine au Vérificateur général de la Ville pour lui demander de se pencher sur les données disponibles.

60 M$ à Toronto

Un audit mené à Toronto par rapport aux pertes que représente la fraude pour son service de transport en commun a démontré qu’elles étaient au moins deux fois plus importantes que ce que les autorités estimaient, selon ce que rapportait le Toronto Star en février dernier. Ainsi, 60 millions $ ont échappé à la Commission de transports de Toronto l’an dernier.

La STM a refusé de donner à l’Agence QMI des chiffres exacts sur les pertes liées aux fraudes.

Critiquant le manque de transparence de la STM, M. Rotrand a demandé lundi dernier au vice-président du conseil d’administration de la STM, un portrait chiffré du niveau de fraude. Sans succès.

« À l’époque, vers 2005, la STM [parlait] d’une perte de 20 millions $ par année », avait fait remarquer M. Rotrand.

– Avec Daphnée Hacker-B, Agence QMI