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Fleury et Pacioretty s’éclatent

Les Golden Knights prennent les devants 3-1 dans la série face aux Sharks

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LAS VEGAS | Même sans un grand match dans le corps à Las Vegas, les Golden Knights ont bouffé du requin. Pendant que Marc-André Fleury veillait au grain devant le but, Max Pacioretty s’est offert un pique-nique de quatre points. Résultat: les Sharks sont sur le respirateur, à un match de l’élimination. 

Enterrés par une salves de «Fleeeuuuuuury!» provenant d’une foule toujours aussi déchaînée dans un T-Mobile Arena plein au bouchon, les Golden Knights ont célébré une victoire de 5-0, qui leur procure une avance de 3-1 dans la série qui se déplace jeudi à San Jose.

Si les spectateurs s’époumonaient pour Fleury, c’est que le gardien québécois venait de signer sa 78e victoire en carrière en séries, passant seul au septième rang dans l’histoire chez les gardiens. Les six devants lui (Ken Dryden, Billy Smith, Ed Belfour, Grant Fuhr, Martin Brodeur et Patrick Roy) ont tous un point en commun, soit une place parmi les éternels au Temple de la renommée du hockey.

Fleury a par ailleurs récolté son 15e jeu blanc en carrière dans les éliminatoires. Dans l’histoire, seuls Curtis Joseph (16), Patrick Roy (23) et Martin Brodeur (24) le devancent. Il y a plus gênant qu’une telle compagnie au firmament des hommes masqués!

«Je viens de le savoir et c’est le fun. Ça veut juste dire que ça fait longtemps que je joue et que j’ai été chanceux de jouer avec de bonnes équipes pendant toutes ces années. Encore cette saison, j’ai un excellent groupe devant moi et ça m’aide beaucoup», a réagi humblement le gardien, affalé dans son casier après avoir bloqué les 28 rondelles dirigées sur lui.

Fleury a reconnu lui-même qu’il avait parfois été pris hors position et sauvé par ses poteaux. Mais les meilleurs ne font-ils pas leur propre chance?

«En première, ça a roulé pas mal et par la suite, on leur a donné très peu de bonnes chances de marquer. La rondelle a frappé quelques fois le poteau et ça reste toujours un son agréable à entendre», a-t-il souri.

Pour sa part, son patron Gerard Gallant a donné le mérite tout entier à son gardien, qui s’est surtout montré intraitable lors des quatre avantages numériques des Sharks.

«Notre meilleur joueur en désavantage a été le gardien. Il y a parfois des blanchissages d’équipe. Ce soir, c’était un blanchissage signé Fleury», a-t-il encensé.

Pacioretty en feu

L’offensive s’est quant à elle révélée plus opportuniste que jamais dans cette série, avec cinq buts sur 27 lancers, dont seulement 14 après deux périodes. Tout ce que les Golden Knights touchaient se transformait en or, gracieuseté d’une défensive poreuse en l’absence de Marc-Édouard Vlasic et d’un gardien qui a perdu tous ses moyens en Martin Jones.

La première charge est venue des canons de Max Pacioretty, dès la première présence de son trio infernal sur la glace, une présence qui s’est étirée sur 1 min 11 s. D’ailleurs, pour la 10e fois en 18 matchs entre les deux rivaux, Vegas s’est inscrit au pointage dans les cinq premières minutes.

Tout juste avant la fin de l’engagement, le défenseur Shea Theodore a servi une tasse de café, voire la cafetière au complet à Brent Burns puis ensuite à Jones pour faire 2-0.

Au retour de la pause, Jones a cédé sa place à Aaron Dell après avoir été déjoué deux fois en sept lancers. C’est donc dire que Jones a donné 11 buts sur 54 tirs à ses trois dernières sorties. En 10 matchs de séries face à Vegas depuis l’an dernier, il a été envoyé prématurément aux douches à quatre reprises.

Le résultat a été le même après son retrait, avec un deuxième but de Pacioretty, qui a fait mouche sur son propre retour de lancer. Passé la mi-chemin au deuxième tiers, les Knights n’avaient pourtant décoché que 12 tirs. La marche offensive a été plus soutenue au dernier vingt avec 13 lancers et deux buts d’Alex Tuch et Jonathan Marchessault.

Pacioretty a bouclé une autre soirée productive de deux buts et autant de passes. Il loge désormais au premier rang des marqueurs en séries, à égalité avec son coéquipier Mark Stone, grâce à une récolte de 10 points.

«On a encore vu ce qu’on peut faire dans cet aréna. Nous sommes tellement énergisés par les partisans et le mérite leur revient pour nos buts rapides. En même temps, c’était loin d’être un match parfait pour nous et il faudra être bien meilleurs pour aller gagner à San Jose», a-t-il sagement fait remarquer, sans s’attarder sur ses accomplissements personnels.

Des Sharks secoués

Sur le but de Tuch, Brent Burns s’est de nouveau montré peu motivé par la tâche, tel un gamin devant son brocoli. Pour l’autre défenseur étoile des Sharks, Erik Karlsson, les présentes séries sont tout simplement désastreuses, lui qui a été sur la glace sur 13 des 18 buts adverses. Blessé, épuisé ou tout simplement mystifié? Toujours est-il que le nouveau requin se fait constamment rouler en maki.

La seule façon dont les Sharks pourront sauver leur peau, c’est de retrouver leur sang-froid. Plus la série progresse et plus les charges musclées des Ryan Reaves et William Carrier semblent monter à la tête des Sharks. Evander Kane en a donné un bel exemple en perdant les pédales en troisième période, chassé pour inconduite après avoir asséné un coup de poing.

Chez les Golden Knights, la série n’est pas encore jouée. Ayant bien noté que des puissances comme le Lightning et les Penguins viennent d’être balayés de la carte des séries, les représentants de Las Vegas n’entendent pas tomber dans le panneau.

«Quand tu regardes les équipes qui gagnent, elles n’ont pas forcément beaucoup de talent, mais ce sont des équipes qui travaillent fort. Nous autres, on prend beaucoup de fierté à travailler fort. Le côté positif c’est que notre ligne (avec William Karlsson et Reilly Smith) n’est pas réveillée encore et on mène 3-1 dans la série», a mentionné Jonathan Marchessault.

En effet, difficile d’imaginer à quel point les Golden Knights peuvent faire des ravages si ce trio se met à imiter celui des trois amigos que sont devenus Pacioretty, Stastny et Stone...