/opinion/blogs/columnists
Navigation

Mangeriez-vous dans une toilette?

Bloc travail emploi restaurant employés
Photo Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

Mangeriez-vous dans une toilette? L’image est peut-être forte, mais comme à Montréal, contrairement à Toronto, il n’existe aucun affichage obligatoire sur les vitrines de restaurants pour indiquer aux clients leur taux de salubrité post-inspection, comment savoir si la propreté dans tous ses aspects est au rendez-vous ou non?

Le Journal nous le rappelle:

«La Ville de Montréal souhaite que les résultats des inspections de salubrité des restaurants et autres établissements alimentaires de son territoire soient affichés dans la vitrine des commerces.

«Les résultats d’inspections sont déjà publics, mais ils sont peu ou pas communiqués à la population», a expliqué la leader d’Ensemble Montréal, Karine Boivin-Roy.

Sur le site du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), «toutes les infractions sont amalgamées ensemble, à savoir les infractions mineures, majeures et les récidivistes. Alors, quand on veut avoir l’information sur un commerce précis, ce n’est pas facile à trouver», a poursuivi la conseillère de Ville.

Avec l’affichage, «vous n’avez pas besoin de faire une recherche Internet sur un restaurant avant d’aller le fréquenter, vous allez le voir sur la devanture d’un établissement», a mentionné l’élue.»

L’affichage du taux de salubrité ou d’insalubrité des restaurants est pourtant une question évidente de santé publique. Il permettrait ainsi d’informer les clients, mais aussi, en cas de problèmes, il obligerait les restaurateurs fautifs à corriger le tir pour améliorer leur prochaine cote. En cela, l’affichage obligatoire serait un formidable outil de dissuasion dans le cas de certains restos problématiques.

Il faut savoir comment la salubrité est respectée ou non dans la conservation et la préparation des aliments, mais aussi dans l’entretien des vaisselles, ustensiles, chaudrons et autres outils de cuisine. Également, les restaurateurs fournissent-ils ou non à leurs employés tous les moyens nécessaires pour assurer la propreté constante des mains, sans compter celle des salles de bains!

On le sait, trop souvent ce n’est pas le cas. Lorsque ce n’est pas le cas, pour les clients, ça se voit à l’œil, mais combien font semblant de ne pas trop le voir?... On a tous nos petites histoires d’horreur en ce domaine... 

Sans compter les reportages de souris, blattes, rats, etc., se promenant allègrement dans certains établissements plus désespérants que d’autres et qui, très franchement, devraient tout simplement être fermés d’office s’ils ne s’amendent pas. 

Comme me disait ma mère qui, dans sa jeunesse, avait été serveuse de restaurant, la salle de bain d’un resto est le reflet parfait du soin ou de l’absence de soin qu’apporte un restaurateur à la salubrité de son établissement. 

Salle de bain sale, disait ma mère, cuisine douteuse... Et d’autant plus lorsque le personnel lui-même est obligé d’utiliser les mêmes salles de bain entre les services. 

 Cela dit, la restauration est un métier dur, complexe et plusieurs y échouent malheureusement. À Montréal, encore plus. 

Par contre, avec un affichage obligatoire du taux de salubrité, c’est toute cette industrie qui, en se trouvant obligée de se mettre à jour en termes de propreté, en profiterait en bout de ligne. 

Il n’y a rien comme la transparence pour établir un lien solide de confiance entre un restaurant et ses clients.