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Notre-Dame de Paris: une litanie d’énormités

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Hubert Lenoir ne fait pas que se mettre des trophées dans la bouche. Parfois, il y met aussi le pied.

Ses propos sur l’incendie de Notre-Dame-de-Paris étaient tellement niaiseux, que je me suis demandé si ce n’était pas un canular.

Quand un des joyaux du patrimoine mondial disparaît sous nos yeux, ce n’est pas le moment de parler des Aristochats ou de faire la promo de son spectacle.

Manquer de sensibilité artistique, c’est quand même le comble, pour un artiste !

Oui, il s’est excusé hier, mais lundi, dans l’incendie de Notre-Dame, c’est une partie de la crédibilité d’Hubert Lenoir qui est partie en fumée.

IL N’EST PAS LE SEUL

Au moins, Hubert Lenoir peut se consoler en se disant qu’il n’est pas le seul à avoir dit des énormités pendant que Notre-Dame flambait.

Il y a tous ceux qui ont fait un lien entre la disparition de ce monument religieux et... les débats sur la laïcité.

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Au Québec, la militante QS Ève Torres a conseillé à François Legault de poster des pompiers « à la basilic (sic) de la rue Notre Dame » de Montréal.

Et Mario Girard dans La Presse a laissé entendre qu’en étant ému par cet incendie, « tout le monde redevenait chrétien » et que « le monde entier était à genoux en train de prier ». Il a même écrit que lors de ces nombreuses manifestations d’affection à travers le monde « le mirage de la laïcité a rapidement disparu... »

Pour lui, si des milliers de gens ont été si émus lundi, c’est la preuve qu’on a des sentiments ambigus face à la religion. « Voilà un flou qui devrait nourrir la réflexion que nous avons en ce moment au Québec sur la laïcité. On veut se débarrasser de quoi au juste ? »

Mais ça n’a RIEN à voir ! Comme s’il fallait avoir une ferveur religieuse pour être touchés par l’incendie de Notre-Dame-de-Paris ! On peut être parfaitement athée, agnostique ou encore croire en Vishnou, ou Bouddha et fondre en larmes en voyant autant de beauté partir en fumée.

Comme on peut très bien être anticlérical à l’os et verser une larme en entendant l’Ave Maria de ... ou le Hallelujah de Leonard Cohen.

On peut avoir fait son apostasie (comme je l’ai fait la semaine dernière) et être remuée profondément par un tableau de la Vierge à l’enfant.

Être laïc, c’est être pour la séparation entre l’État et la religion. On peut être un religieux pratiquant et être pour la laïcité. On peut trouver les religions ridicules et être bouleversé en entrant dans un lieu de culte qui est une œuvre d’art, un symbole du génie humain.

QUELLE DÉMESURE ?

Quand elle a présenté ses excuses mardi, Eve Tores a expliqué qu’elle voulait juste apporter une touche d’humour dans le contexte de « la démesure des réactions qui ont entouré la perte, certes malheureuse, de cet édifice historique ».

Une des plus inspirantes constructions humaines part en fumée et l’on devrait rester calme ? Une cathédrale remplie d’œuvres d’art, qui a inspiré une des plus grandes œuvres de la littérature, est un simple « édifice historique » ?

Décidément, on n’a pas la même définition de la beauté...